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Portrait de DRH : Julien Veyrier

DRH : DE POINT GOUV À POINT COM

Un parcours étonnant, un regard sur la fonctionqui décoiffe parfois, Julien Veyrier a intégré le

groupe Solocal (ex-Pages Jaunes) il y a quelquesmois. Il y occupe les fonctions élargies de secrétaire général adjoint en charge de la DRH, de la communication, et des relations Institutionnelles.

Un groupe en pleine évolution, pour ne pas parlerde révolution, avec un effectif de 5 000 personnes qu’accompagne une équipe RH hors du commun

Collectionneur de diplômes ?

Une enfance provinciale (Isère),fils d’une enseignante en anglais et d’un père proviseur

de lycée. « J’ai été élevé dans les valeurs éducatives et de transmission du savoir, convaincu que le progrès passe par l’évolution des connaissances». Très orienté « littéraire »,

Julien partage ses activités entre la lecture, les voyages (les langues) et… le ski. Il aime cette région qui va par la suite, illustrer sa passion pour l’histoire et la géographie.

Pour poursuivre ses « humanités » quoi de mieux qu’une prépa à Louis Le Grand ? Hypokhâgne et khâgne avant d’intégrer Normale Sup en 1999. « C’est une grande fierté et aussi une vraie découverte. Cette école est particulièrement atypique puisqu’elle possède une devise informelle : la seule matière obligatoire est la Liberté ! »

C’est pourquoi Julien va « compléter » avec deux licences, l’une en histoire et l’autre en géographie. Il donne suite à cette dernière par une maîtrise en géographie urbaine et gestion du patrimoine avec sa région d’origine comme champ d’expériences.

N’ayant guère envie d’enseigner, et souhaitant se rapprocher des questions économiques, il intègre Sciences Po Paris et poursuit en même temps un DEA en géographie économique. Sa

préoccupation première : « comment est-il possible de créer de la valeur sur un territoire : à partir de là, je ne pouvais que me poser la question des infrastructures et du transport. Sans

mobilité, pas de développement économique». Le sujet choisi pour le DEA ? « Le transport aérien et les compagnies low-cost… » qu’il doit remettre le… 11 septembre 2001. « La seule année après guerre où le transport aérien a été en récession ! ».

En 4ème année de Sciences Po, il opte pour les finances publiques, mais aussi pour le contrôle de gestion, un bon compromis entre public et privé. Partant du principe qu’il existe une voie entre les deux, il va réaliser un semestre de stage chez Arthur Andersen, où il passera par les

fourches caudines du Commissariat aux comptes.

Les études terminées, c’est l’entrée dans les arcanes du pouvoir…

S’il avait accepté la proposition d’Ernst&Young, la face de sa carrière en fût peut-être changée. Mais il donne suite à une demande plutôt originale : la participation à la créationd’un think-tank pour l’équipe d’Alain Juppé. Julien va découvrir le monde politique, mais surtout les grands sujets sociétaux de réflexion.En 2003, c’est de débat sur l’école.Quelle plateforme éducative faut-il imaginer ? « Je vais travailler quelques mois ce sujet avec un jeune député, Xavier Bertrand. » Puis l’équipe Sarkozy en 2004 met en place une plateforme présidentielle pour

2007. Il sera l’adjoint d’Emmanuelle Mignon et pilote l’équipe des chargés d’études. « A l’époque, en politique, on considère que la question des idées doit être fortement mise en avant, ce qu’on a un peu oublié depuis… » C’est une période passionnante pour Julien Veyrier qui apprend ainsi le « management», mais aussi la proximité du pouvoir et la cohabitation avec de

nombreux experts.

En 2007, il est appelé par un agrégé de l’Université, Xavier Darcos, au ministère de l’Education nationale. Il est nommé « conseiller spécial », celui qui, après synthèse, va proposer la concentration des actions et du discours. « Pour un littéraire, occuper cette fonction où le “verbe” a autant d’importance est un régal… » Il restera deux ans et demi à ce poste avant de

suivre « son » ministre au ministère du Travail. « J’y découvre les règles du paritarisme, le fonctionnement du paysage syndical ». Comme la politique de la ville dépend à cette époque du

ministère du Travail, il revient à ses passions estudiantines. Mais c’est aussi l’occasion d’affronter une vraie crise : les suicides de France-Télécom.Il va travailler et s’investir personnellement sur le sujet de la prévention des RPS. Il demande à être destinataire

des courriers adressés par les Français au Cabinet du Ministre sur ces sujets, et y trouve une véritable souffrance. Et l’implication publique des politiques doit s’entourer de précautions particulières pour ne pas favoriser d’une façon ou l’autre des « passages à l’acte ». La taylorisation des « services » explique une partie de cet épisode, avec a contrario une souplesse plus confortable des relations de travail dans l’industrie.

« Je garde cette expérience comme la raison d’être de ma préoccupation et de ma vigilance constante en tant que DRH, pour ce qui concerne les conditions de travail… »

Malgré tout pendant cette période,pas de gros travail législatif, mais des « touches », comme le travail du dimanche, les problèmes de dépendance et le poids sur le modèle social, et l’évolution des droits des femmes.L’épisode de la réforme des retraites sonne le glas du ministre et dans

ce cas, il est donné une heure aux collaborateurs pour faire les cartons et sortir du cadre.

« C’est très violent sur le moment, mais une leçon de modestie, proche du “memento mori”

des Romains. La fonction ne vous appartient pas ! » Julien Veyrier va rejoindre le cabinet

de Chritian Estrosi, en charge de l’Industrie à Bercy ; Il va y aborder les « pôles de compétitivité », le « made in France », mais aussi les entreprises en difficultés, les situations de reprise. Après huit mois, c’est à nouveau un changement d’équipe et c’est Nadine Morano qui lui demande de l’accompagner à la « Formation ».« Elle connaissait mes goûts pour l’éducation et la formation. » Il travaille donc à la mise en place du Cabinet et sur des sujets comme l’alternance (plan des 600 000 alternants) en négociation avec les branches. Et c’est le passage à l’opérationnel…

Quelques mois déjà que cela le démange… et si son avenir se trouvait plus dans la création de valeur, dans l’opérationnel, voire dans le « privé ». Il n’est pas fonctionnaire, ne peut se « faire nommer » dans une structure para-publique. Il va donc candidater lorsqu’il apprend que Centre Inffo recherche un successeur au directeur général qui part en retraite après 20 ans d’activité.

C’est un opérateur d’Etat mais sous forme de structure privée avec une activité commerciale et une gouvernance paritaire. Il y est accepté en mai 2011. « C’est une belle maison, avec une centaine de collaborateurs qui connaissent parfaitement leurs métiers. » Il va travailler sur l’offre, sur la refonte des outils, suivi en ce sens par le Conseil d’Administration.

Il engage une réflexion stratégique opérationnelle, ce qui lui manquait parfois dans les ministères. Mais il conforte aussi ses compétences en management, en relations sociales

(CE, CHSCT…). « J’ai beaucoup apprécié ces trois années, y compris dans la « rencontre » avec le marché. Nous avons développé des partenariats (Agefos…) et organisé des manifestations de grande ampleur comme récemment, l’Université d’hiver de la

formation professionnelle avec plus de 600 professionnels. »

Dans le cadre de ces ouvertures, il rencontre Solocal … qui lui demande de venir prendre place dans une nouvelle organisation, et d’y occuper en mai 2014, la fonction de secrétaire

général adjoint, membre du Comex et en charge des ressources humaines, de la communication et des relationsinstitutionnelles.

Solocal, c’est les Pages jaunes, mais aussi Mappy, et plus de 125 000 sites internet produits et gérés en France et en Espagne. C’est plus d’un milliard d’euros de CA. C’est aussi près de 5000 collaborateurs dont 2 300 conseillers en communication digitale. L’ancienne filiale du Groupe

Havas puis de France Télécom est en pleine évolution. Les chantiers qui attendent Julien sont légion, mais il cite en priorité la gestion du développement des compétences et des talents. Dans un environnement commercial en mutation, « nous avons transformé nos commerciaux en véritables conseillers en communication digitale. » Puis le deuxième chantier annoncé est celui du soutien et de l’appui au management. « Le monde est en mouvement et nous devons les

accompagner pour qu’ils puissent agir sans se sentir menacés, en créant par exemple des groupes de co-développement». Le troisième chantier est celui de la Qualité de Vie au

Travail. « Nous sommes vigilants et pro actifs sur l’absentéisme ». Plus tous les chantiers transverses (SIRH, Relations écoles, recrutement (entre 300 et 400 recrutements par an),

l’amélioration du confort des salariés…). Il est également question de la réflexion sur l’employabilité et le turn-over ce n’est ni une fatalité, ni un drame ») Enfin, Julien Veyrier

termine cette liste d’engagements en portant un regard prospectif : « l’environnement

de travail est en mutation : plus d’unité de temps et de lieu, chute du lien de subordination, autant de facteurs qui vont changer la donne. Et en même temps il nous faut aborder

la nécessité de considérer le capital humain comme un véritable actif incorporel…

tout cela va faire évoluer considérablement notre métier… »

Tiré de la Revue Personnel N°555 – Décembre 2014

LES RÉFÉRENCES DE JULIEN

Dernier livre apprécié :

« Maitre et serviteur » de Tolstoï

Personnage admiré :

Loïc Peyron, un immense

navigateur

Un épisode de carrière dont

je suis fier : le succès de la

nouvelle formule de l’Université

d’hiver de la formation

professionnelle sur laquelle

je me suis beaucoup investi

à Centre Inffo.

L’actualité qui fait réagir :

la prouesse de Rosetta

et de Philae

Le conseil à un jeune : « prends

ton premier poste en pensant

immédiatement au second… »

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