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Pourquoi j'ai compris que la formation (composante du capital humain) ne serait jamais un actif immatériel...

Cruelle déception... en quelques jours seulement j'ai compris qu'il était illusoire de se battre pour une introduction en haut de bilan du "capital humain", voire simplement de la formation comme étant un investissement amortissable comme un autre... Pourquoi ?

On peut répondre par une question et une réponse qu'il m'a fallu quelques années pour oser regarder en face ...

- Pourquoi imaginer qu'un investissement corporel (une machine, un bâtiment...) puisse faire l'objet d'une valorisation comptable, voire même une "marque" (actif incorporel)... ?

Parce que l'ADN de la comptabilité, la structure même de l'organisation comptable, repose sur une notion essentielle, celle de la propriété. Nous sommes, même financée à crédit, propriétaire de cette machine, nous sommes propriétaire de notre marque... Sommes nous propriétaire de notre personnel ? Oui, si on revient aux temps d'avant l'interdiction de l'esclavage, mais vous conviendrez que non, même si l'on est un champion de la fidélisation.

Pour cette raison, et elle se suffit à elle même, les autorités comptables internationales n'accéderont jamais à ma demande chimérique.

En revanche, je reste convaincu que la valeur réelle de l'entreprise, ce sont les femmes et hommes qui la composent. Comment répondre à cette certitude qui me rend schizophrène.

Dans les sociétés non cotées en bourse, les évaluateurs qui donnent un prix à la valeur de l'entreprise savent prendre en compte le risque humain, et par défaut, le poids des compétences sur un marché concurrentiel. Dans les sociétés cotées la prise en compte du risque humain n'est quasiment jamais approchée...

Et pourtant les approches financières extracompables sont proposées par les normes internationales. La RSE quantifie la participation écologique, mais en matière humaine (GPEC), la pauvreté des chiffres et leur interprétation est affligeante. D'avis d'expert, de toutes façons, moins de 15% sera pris en compte pour participer à l'évaluation de la valeur du titre.

C'est donc là que le combat se déplace. A moins que l'on change le paradigme capitaliste de la "propriété", ce dont je doute fort, reste la capacité à construire un nouveau mode de construction des éléments extra comptables et à convaincre les acteurs financiers des ratios à prendre compte pour argumenter les coefficients pondérateurs de ces éléments dans la valeur estimée des actions. Si on y arrive, les non cotées suivront.

Donc il reste du travail...mais au moins j'ai compris une chose : je ne parle plus d'une restructuration du bilan qui me semblait tellement séduisante. Cette jolie sirène n'était pas faite pour moi !

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