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Uber...alles  in  der Welt ?

La mode, toujours la mode... On ne peut plus ouvrir un journal économique, une chaîne de télévision voire participer à un colloque RH sans être "bassiné" par l'uberisation de notre société, prélude à la disparition du contrat de travail, du code du travail, des contraintes sociales, et plus encore...

Si quelques "politiques" de tous bords ou "institutionnels" s'érigent en défenseurs de la "normalité", ce n'est pas pour des questions éthiques, ou philosophiques mais pour des craintes (fondées) de l'apologie du travail au noir...

Pour ma part, voici l'état actuel de mes réflexions ; mesdames et messieurs les journalistes arrêtez vos scoops, l'ubérisation n'est que la phase ultime d'un processus ultralibéral bien connu et qui porte nom de "franchise". L'économie du "partage" n'a rien à voir là dedans; Il s'agit simplement de surfer sur un besoin de consommation en donnant l'illusion que les acteurs sont les consommateurs eux mêmes. La distribution alimentaire, le textile, la restauration, les salons de coiffures, et bien d'autres secteurs encore se sont dit qu'avoir des magasins tenus par des gens qui payent pour ça, c'est quand même le top ! Tiens ! ça ne vous rappelle pas autre chose ? Mais si cherchez bien ? les coopératives agricoles ! Aujourd'hui ces bras armés de l'agriculture, censés appartenir aux agriculteurs eux mêmes (ou au Crédit Agricole, c'est pareil !) importent du lait allemand et ne respectent pas les cours du porc... cherchez l'erreur. Donc, pour en revenir à nos moutons, une entreprise qui demande à ses salariés de prendre à la place des dirigeants le RISQUE entrepreneurial est déjà en position d'imposture. Bien entendu, je ne suis pas opposé, et serais plutôt mal placé pour ça, à la capacité d'établir des contrats de collaboration déclenchant des honoraires, mais ce n'est pas une nouveauté, ça existe déjà. Et les "indépendants" sont d'autant plus heureux que ce sont eux qui ont choisis ce statut et que ce n'est pas une position par défaut.Mais que le chef d'entreprise se défausse de sa responsabilité entrepreneuriale, non, pas d'accord. C'est lui qui a décidé d'attirer des salariés chez lui, c'est à lui d'assumer le risque.Si le salarié veut être entrepreneur, il crée sa boite.... Sinon, les salariés deviennent des associés...jusqu'au partage des bénéfices, des décisions stratégiques...et pas questions que les écarts de salaire soient d'une telle envergure qu'aujourd'hui. Vous entendez souvent la réponse de ces chefs d'entreprises qui expliquent le niveau de leur rémunération par "c'est le prix de mes responsabilités" D'accord ! Mais si elles sont partagées avec les zubérisés ?

Un de mes anciens Présidents, face à une situation financière délicate d'une filiale, répondait ainsi à mon questionnement sur l’allègement des effectifs : "Il n'en n'est pas question, c'est ma responsabilité d'entrepreneur et ce n'est pas aux salariés qui n'ont rien demandé d'en faire les frais tant que je n'ai pas été au bout de mon endettement personnel". Merveilleuse leçon que j'ai gardé en permanence au fond de moi, d'autant que , filiale sauvée,il n'en tira jamais gloriole.

Que les rapports de travail évoluent, que le lien de subordination s'amenuise, que le management revienne à ses fondamentaux, d'accord. Que selon les secteurs d'activités des modèles mixtes se mettent en place, que les nouvelles générations apportent des nouvelles réponses, pourquoi pas. Mais attention aux marchés de dupe. La solution miracle n'est pas celle de l'uberisation. C'est du pipo... et surtout que les DRH ne rêvent pas, une société sans salarié, ce peut être une société sans DRH aussi...

Attention aussi cette nouvelle forme d'élitisme qui consiste à dire que tout emploi peut être revu et corrigé avec le télétravail, le numérique, et la responsabilisation ... C'est là aussi une supercherie. Ce n'est pas parce qu'on peut imaginer des coiffeurs indépendants, des élagueurs auto entrepreneurs que l'ensemble des postes et fonctions peuvent être externalisées. Pour cette majorité, elle aura toujours grand besoin de couverture sociale, de formation, et de management....

Maintenant l'économie du partage ça existe aussi....c'est la découverte par Facebook des amis et des voisins, non ?

Vous voyez, que du neuf !

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