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Les incivilités au travail...

Les incivilités au travail…

Les amis, bonjour !

Je sors d’un colloque à l’Assemblée Nationale sur les incivilités au travail, d’où il ressort que l’exemplarité est une condition sine qua non, alors je le répète : bonjour !

Organisé par ELEAS, cabinet spécialisé en QVT, et Jean Fréderic Poisson, député des Yvelines, ce colloque réunissait des DRH (Andrh), des juristes, des sociologues, des responsables RSE et des responsables de la prévention des incivilités de Grands Groupes comme Casino ou la SNCF.

D’une façon générale, on s’accorde assez rapidement sur la définition de l’incivilité (ce qui empêche de bien vivre ensemble) déjà moins sur les origines. Encore une fois, je ne peux que rappeler à Sophie de Menthon (Présidente d’Ethic et membre du CESE) que tout le mal du monde ne vient pas de 68…qui aurait tout permis ! Je suis un soixante-huitard, et je suis assez fier effectivement d’avoir à ma modeste mesure, permis la contraception et le droit à l’avortement… Mais mes enfants peuvent le certifier, je n’ai jamais tout permis, surtout pas l’absence de politesse comme elle le laisse entendre.

En revanche, le sociologue Alain Mergier explique cette relation au travail qui évolue, cette relation managériale distendue, ce manque de sens dans les organisations qui poussent à l’incivilité dans les entreprises souvent même entre collègues.

Stéphane Volant, Secrétaire Général de la SNCF et Mickael Picart, son Directeur de la Prévention des Incivilités ajoutent au débat en appuyant sur le fait que la prise de conscience que l’organisation peut être génératrice potentielle d’incivilités. La réponse à ce refus du déni étant la constitution de groupes de paroles intermétiers en charge de faire remonter les solutions du terrain vers le haut. Marc Deluzet, Délégué général de l’Observatoire Social International, et Sylvie Brunet, membre du Bureau National de l’Andrh et membre du CESE, approchent des solutions fondamentales : la nécessité dans un univers en transformation de revenir aux fondamentaux de la relation et du management, et d’œuvrer pour un changement de culture. C’en est fini du fordisme et d’une « sécurité » du travail, c’en est fini de l’individualisation, il faut trouver d’autres paradigmes plus collectifs et entrer dans une nouvelle culture.

Même si la loi n’est certainement pas à remettre en cause ; il est dit qu’elle est largement suffisante par les juristes présents et par Yves Struillou, le Directeur Général du Travail. Il convient de ne pas hésiter à l’appliquer, aussi bien au pénal lorsque c’est possible, qu’au civil. Il ne faut pas perdre de vue que l’entreprise est responsable des effets de l’incivilité sur la santé de ses salariés… (Ce qui doit faire passer bien des nuits blanches à ce Responsable des Services d’un grand hôpital de province, et qui pose cette question : que dois-je faire ou que puis-je faire lorsque 200 « gens du voyages » entrent dans la salle d’accueil de l’hôpital, laissent courir les enfants partout et laissent les lieux dans un état de délabrement avancé ? Même la police ne veut pas intervenir… comment protéger mes agents ?)

A la fin de ce colloque, il me vient quelques réflexions : Pas une seule fois a été cité le mot « empathie ». Or il me semble que c’est un des fondamentaux du management, et du « vivre ensemble ». J’ai entendu dire que ces dernières années le potentiel d’empathie avait tendance à se réduire. Tiens donc ! Résultat de l’individualisation à outrance ? Peut-être. Changement des règles du jeu ? Par exemple, ce qui me fait hurler, moi le « vieux », ne gêne absolument pas le jeunot… Mais le « jeunot » peut-il comprendre que je ne réagisse pas comme lui et vice-versa. On est dans de l’interculturel. Mais cette aptitude à l’empathie, s’il est assez simple de l’expliquer voire de donner les clés de son utilisation, ne répond pas à la question : pourquoi serais-je empathique ? Je n’en n’ai pas envie. Il faut donc trouver une autre motivation. Je ne peux pas croire que notre potentiel de neurones miroirs soit en baisse (effets pervers de la viande rouge ?) pour expliquer notre baisse d’empathie.

Mine de rien c’est une phrase dite hier soir lors d’une rencontre avec Xavier Baron, le sociologue prof à l’ESCP Europe, qui me vient en tête : « une des nouvelles missions des Ressources Humaines, c’est recréer les éléments favorables à la solidarité » Je vais ajouter Solidarité avec un grand S .

Car il a existé des solidarités souvent corporatistes, et donc souvent en opposition dans leurs rites les unes aux autres, le cas des ouvriers du bâtiment, les enseignants, etc. Certaines valeurs pouvaient en sortir : par exemple au plus fort de la « solidarité ouvrière », on s’interdisait de toucher à l’outil de travail… une forme de civilité…

Aujourd’hui, pour permettre aux gens de se re-doter de l’empathie, il semble qu’il soit nécessaire qu’au « pourquoi » réponde « parce que c’est notre mode de vie » Nous avons besoin les uns des autres, les jeunes des vieux, les commerçants des comptables, les français des syriens, les grands des petits, les clients des fournisseurs… Solidarité dans la diversité… ça, ça devient du fondamental.

Pour mémoire, il faut se souvenir que les incivilités sont souvent « rudimentaires » ; L’étude Eléas 2015 donne pour le lauréat des incivilités internes pour 84% des salariés : Laisser les espaces communs sales et en désordre. Et pour 87% à l’externe : ne pas attendre son tour et ne pas respecter les files d’attente. 42% des salariés s’estiment exposés aux incivilités… celle des autres, bien sûr ! (ça c’est de moi)

Imaginer que transformer l’absence de sécurité du travail par le fait de retrouver de la sécurité dans la relation grâce à la solidarité, voilà une belle mission pour le DRH en entreprise, mais aussi pour l’enseignant à l’école et le politique…dans sa circonscription.

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