Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Faire en sorte que la réforme de la formation puisse servir à quelque chose !

Un nouveau coup de gueule ?

Ce blog a un mérite c'est qu'il n'engage que moi, et qu'il me dédouane des obligations de réserve que je peux avoir par ailleurs dans mes engagements professionnels ou associatifs. De plus, il est annoncé dans son descriptif qu'il peut être composé de billets d'humeur. De mauvaise humeur en l’occurrence en abordant le sujet de la formation et de sa dernière réforme.

Reprenons au début : la volonté du législateur (des partenaires sociaux par l'ANI) était de simplifier la vie des entreprises, de supprimer l'obligation fiscale pour renouer avec la notion d'investissement, de rendre l'individu acteur de sa formation, de favoriser la qualification des salariés et des demandeurs d'emploi, de décentraliser (sur les branches, les régions...) , de jouer la qualité de la prestation, et de remettre la formation sous le focus de la négociation sociale.

Sur chacun de ces points, peut-on, sans langue de bois, ni discours partisans, et sans rire, certifier que les objectifs sont atteints ou en passe de l'être ?

Je crois qu'il est encore temps de réagir avant que les choses ne s'enveniment.

D'abord regarder les chiffres en face :

Exemple le CPF : les discours partisans sont soit que les chiffres sont ridiculement bas, que le DIF fonctionnait mieux, quant à la partie adverse, qu'en décembre 2015 on observe 60000 dossiers validès soit 15000 de plus que la moyenne mensuelle du DIF lors des périodes précédentes. Pour ma part, mon interrogation est la suivante : sur 2015, 210000 dossiers validés pour le CPF, dont 165900 pour les demandeurs d'emploi. Preuve s'il en est que le dispositif n'a pas encore séduit les salariés ou les entreprises. Mais surtout : 51% des bénéficiaires ont au moins le bac dont 22% des BTS, DUT ou DEUG... Ah oui ? et les Bac moins 8 ? Où sont-ils ? Je croyais que cette population non qualifiée était la cible prioritaire !

L'obligation fiscale est ramenée aujourd'hui à 1% de la masse salariale pour les entreprises hors TPE/PME. Dès lors, il faut financer en plus, les formations obligatoires (habilitations, sécurité...) et le Plan de Formation. Et les partenaires signataires de la réforme tenaient le discours suivant : les entreprises vont pouvoir INVESTIR enfin dans la formation qui puisse servir leur stratégie de développement en développant les compétences des collaborateurs... Mais pourquoi ne pas aller au bout de cette réflexion, pourquoi ne pas permettre de passer comptablement le budget supérieur au 1% en investissement amortissable ?

Près d'un quart des prestataires de formation vont disparaître (pour des raisons économiques ou structurelles) Etes vous certain que ces organismes étaient les plus mauvais ? Pas moi !

La 2483 est derrière nous au titre de la simplification. La liste des chiffres et documents à fournir aux partenaires sociaux n'est pas encore arrêtée. Vous êtes certain que ce ne sera pas 2483, le retour ? Je suis favorable à la transparence dans la négociation sociale, mais pourquoi avec des arguments stéréotypés ? Pourquoi ne pas laisser les partenaires construire leur propre référentiel ?

On pourrait multiplier ces exemples : les objectifs de la réforme étaient vertueux, et on s'est arrêté en route dénaturant ainsi la plupart des dispositifs. Est-il trop tard ? Non, il faut remettre sur la table les dysfonctionnements constatés, faire preuve d'un peu de bon sens, regarder les réalités quotidiennes de l'entreprise, des individus... Et puis 2017 approche, va-t-on vers une remise en cause politique ? Une nouvelle loi en 2018 ? Il y a du bon dans la réforme, tachons de nous en servir et de considérer les acteurs comme responsables, mais vraiment responsables ! Oui il y a de bonnes choses (l'acte de formation étendu, l'aspect patrimonial du CPF, la montée en puissance de l'évaluation, etc.)

Donc oui, je suis en colère. Tellement d'énergie dépensée en vain, tellement d'acteurs déboussolés, tellement de temps perdu... Que les décideurs se reprennent... et si ce n'est pas en Central, alors peut-être en Région ?

Partager cet article

Repost 0