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QVT et psycho-pitreries

La QVT… et les psycho-pitreries…

Par deux fois cette semaine, il m’a été donné de participer à des colloques ou matinales dédiées à la Qualité de Vie au travail.

D’abord l’IGS

La première fois, sous la forme d’un « be zen day » organisé par les étudiants en alternance d’un Master RH de l’IGS.

Bel exemple d’organisation, lorsque l’on fait confiance aux jeunes, de leur capacité à créer et vivre des moments de communication. J’étais d’autant plus satisfait que durant toute la matinée, ils avaient évité de tomber dans le piège du « bonheur au travail » cette tarte à la crème fashion, pour se contenter d’un programme déjà bien complet : le bien être au travail. Et pourtant ce n’était pas gagné puisque même la DRH de l’IGS, dans son préambule, avait essayé de les entrainer sur ce terrain. Bravo les « petits » il est des jours où je suis fier de vous voir ne pas suivre vos ainés.

Les intervenants, institutionnels comme Madame Peretie de l’Aract, mais aussi entreprise comme La Poste ou PSA ou encore Axa, mais aussi des syndicalistes comme Sud de chez Orange, purent se rejoindre sur la nécessité de repenser le travail, et de développer transparence et reconnaissance, les véritables piliers de la QVT.

Seule ombre au tableau, le discours militant de « La Fabrique Spinoza » qui tout de go, replonge sur cette notion de « bonheur » exaltant les mérites de la Sécurité sociale Belge et de sa Directrice du bonheur, et des entreprises libérées. Pour ce « militant » un véritable dogme : l’homme est bon. Mais pourquoi ne pas se nommer la Fabrique Rousseau ? Et de mettre en exergue l’inscription au fronton de Favi : « L’homme est Bon »… Pourquoi pas « Arbeit macht Frei » cette magnifique phrase (le travail rend libre) qui surplombait le portail d’Auswitch … et quitte à poursuivre dans le mauvais goût, pourquoi ne pas nommer ces opérateurs élus par leurs pairs pour remplacer les agents de maîtrise chez Favi ,des …kappos ?

On peut penser que tous les hommes ne sont pas bons, mais qu'ils ne sont pas tous mauvais non plus... Pourquoi ces préalables pour des gens qui se veulent scientifiques ?

Cette fin de matinée me laisse un goût amer dans la bouche en imaginant qu’il est d’une simplicité manifeste de manipuler ou d’entraîner des jeunes dont les yeux brillent quand on leur parle de liberté, d’autonomie, d’absence de hiérarchie, sur les chemins niaiseux de la psychologie positive…méthode Coué des temps modernes. Je n’avais pas envie de gâcher leur belle manifestation, mais il me fallut du courage pour ne pas dire à l’orateur : ne vous sentez vous pas honteux de proposer cette voie empruntée par ces « gourous » qui traitent les DRH de parasites, à 150 jeunes …parasites potentiels !

Ensuite une matinale ANDRH sur le thème : QVT et reconnaissance…

Encore une belle manifestation : trois intervenants sous l’animation de Karine Usubelli, DRH de Cipres Assurance, de la Commission QVT de l’ANDRH. Monsieur Conjard de l’Anact, Monsieur Brun de l’université de Laval (Canada) et Madame de Septenville du Cabinet Psya. Deux heures pour démontrer que la reconnaissance est le pilier principal de la QVT.

Premier intervenant, Patrick Conjard de l'Anact, propose de ramener l’analyse à trois fondamentaux :

  • La scène de l’emploi au travers des systèmes de GRH, du statut
  • La scène des relations professionnelles au travers du climat social, des interactions avec les autres
  • La scène du travail avec les problématiques de contenu du travail et de son organisation.

Les pratiques managériales doivent évoluer et prendre en compte l’effort et non seulement l’atteinte des objectifs.

Et de qualifier de psycho-pitreries, les modes actuelles proposées par des gourous hors sol (la psychologie positive ? ça c’est de moi…) ! En définitive, la QVT peut sans rougir prendre forme de QTV (qualité du travail dans la vie)

Jean-Pierre Brun, consultant associé chez Empreinte Humaine, professeur titulaire à l’université de Laval nous indique que 80% des entreprises US possèdent des programmes de reconnaissance au sein des organisations et que ça ne fonctionne plus, même si une volonté existe de les revisiter et de sortir de la reconnaissance dite de surface à savoir le fameux : merci ! Il souligne la nécessité de développer les pratiques managériales sur la reconnaissance au travail, de former les managers sur deux volets : la gratitude et la reconnaissance intégrative, qu’il qualifie de « reconnaissance 2.0 » : j’informe, je demande l’avis, je fais participer, j’implique.

Là encore, un grand moment lorsqu’il déclare sans langue de bois : « l’entreprise libérée est une mode, ne vous inquiétez pas, ça ne va pas durer ! » (Sic)

Amandine de Septenville, consultante formatrice Psya Sud-Ouest et maitre de conférences à l’université de Paris 8 note un écart de perception entre ce que les managers font et ce qu’ils pensent faire, ou ce qui est perçu par le destinataire de la reconnaissance. Au travers des différentes interventions conduites par Psya le constat reste sans appel : le contexte détermine les enjeux de reconnaissance sur les champs de la santé, du développement individuel, de la bienveillance collective, de la citoyenneté, de l’incertitude, des équipes intergénérationnelles, de l’adhésion au changement. La reconnaissance est essentielle à l’entreprise et à l’ensemble de ses salariés et touche à l’estime de soi, à l’équité ou encore le sentiment d’appartenance !

Au fait, il me semble qu’un certain Abraham…non pas Isaac, Abraham Maslow, avait proposé cet exercice il y a belle lurette : si tu veux qu’un individu puisse atteindre l’estime de soi et donc l’implication, il faut le reconnaître… Mais pourquoi donc les REX, ne servent à rien ! On sait ce qui fonctionne, on sait ce qui ne marche pas, et on continue de s’étonner de situations dégradées et on cherche à réinventer la poudre. L’homme est peut-être bon, mais il est souvent aussi un peu c..

Be zen day (IGS)

Be zen day (IGS)

Philippe Pilot Sud Orange

Philippe Pilot Sud Orange

Jean Pierre Brun, Amandine de Septenville, Karine Usubelli, Patrick Conjard

Jean Pierre Brun, Amandine de Septenville, Karine Usubelli, Patrick Conjard

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