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Participant à une réunion du groupe ANDRH Alésia Nation hier soir, j’ai pu constater encore une fois, le très bon niveau des étudiants Licence Pro RH de l’UPEC coachés par Michel Barabel. Mettant en scène (c’est le mot) une présentation des projets RH des 5 candidats à la Présidentielle, ils ont su mobiliser dans un débat constructif les DRH présents. Etaient aussi présents des étudiants du Master 2 RH en Multinationale de l’IAE Gustave Eiffel de Créteil.

Lors de la discussion, l’une des étudiantes s’offusquait du « retard » (sic) de la France par rapport aux US ou aux autres pays de l’UE sur l’utilisation des nouvelles technologies dans les formations initiales. Ce qui, d’après elle, nous classait hors course, dans la création des nouvelles entreprises performantes… Donc, chère Mademoiselle...

Une question de gros sous…

Vous étiez sincère et on lvous sentait réellement peinée de cet état de fait, voire prête à vous rebeller. Le mot « retard » est effectivement souvent utilisé pour qualifier notre position sur ces marchés HiTechs. Très sincèrement, je ne pense pas que nous soyons plus en retard que d’autres en matière de formation. Nous n’allons pas assez vite, certainement. Il faut bousculer les programmes, j’en suis d’accord. Faire entrer plus de numérique dans les contenus mais aussi n’en déplaise au littéraire que je suis, plus de mathématiques et d’économie dans les cursus traditionnels (rh, paie, ADP, formation…) Mais est-on conscient du coût ? On finance comment ? Dès lors, ce n’est pas que la question des programmes, mais bien celle du positionnement de l’éducation nationale qui est posée. Qu’abandonne-t-on ? Comment imaginer de nouveaux partenariats (n’en déplaise aux syndicats d’enseignants) avec les entreprises pour permettre de conserver une approche « gratuite » républicaine ? Lorsque je pense aux résistances de ces milieux (allant jusqu’à préconiser le retour à une seule zone de vacances au prétexte que les enfants sont fatigués après les réveillons de Noel, et qu’il serait souhaitable d’ajouter une semaine supplémentaire de vacances, donc de réduire celles d’été et donc de tout ramener à une seule zone…) j’ai de belles inquiétudes…

Des responsabilités partagées…

J’en reviens au « retard » … Il semble que nos ingénieurs, nos IA makers, nos start-upers, soient prisés. Nous ne sommes pas en « retard » sur ce plan. En revanche, les accompagnements des évolutions d’entreprises sont loin d’être cohérents. C'est souvent deux ou trois ans après la création que les difficultés arrivent. Mais est-ce de la responsabilité de l’état, ou est-ce un cumul d’obstacles qui vont de la fragilité de compétences économiques de nos créateurs (qui commencent et veulent souvent perdurer dans du ROI immédiat (faire de l’argent vite y compris avec la vente rapide de leurs actions) , fragilité qui est souvent justement masquée par l’assistanat de départ assez réel… mais aussi par la quasi absence de soutien bancaire à long terme, et le rôle ambigu de certains grands groupes qui abritent…tant que cela sert leur communication… Les appels du pied de la « Sylicon » poussent aussi à la délocalisation. Combien d’expatriés français dans les GAFA et consorts…

Est-il encore possible de réagir ?

Qu’en matière de robotiques ou d’IA, les acteurs de poids soient japonais ou étatsuniens est une réalité. Si l’UE voulait s’en donner la peine, il me semble qu’une position d’avant-garde sur certaines filières serait encore possible (applications sur des marchés de niche dans le médical, l’industrie ou la finance…) Mais en « formation initiale », non, Mademoiselle, ils ne sont pas plus en avance que nous. Mettre en harmonie la formation et la stratégie économique, voilà la priorité. Et ça, malheureusement, c’est politique. Un espoir peut-être, si dans la réflexion sur l’organisation d’une Europe à deux vitesses, ces types de projets puissent y être intégrés.

Et puis regardons de plus près les évolutions positives : le développement de l’apprentissage peut être, mine de rien, une nouvelle approche. (Ouverture cette année en Île de France du report à 30 ans de l’âge limite des futurs apprentis). Ce serait en entreprise que pourrait se faire la confrontation réelle aux nouvelles technologies). Et puis, certains profs sont plus imaginatifs que d’autres, d’autres savent négocier des utilisations d’outils modernes sous forme de prêts ou de sponsoring… Je sais, ça reste du bricolage, mais quand même, ces efforts mis bout à bout, permettent de faire avancer la cause…

J’espère donc, chère étudiante, que votre regard sur le « retard » se transformera dans les années qui viennent en un regard plus positif. Cela signifiera que vous et nous, citoyens, nous aurons fait les bons choix !

 

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