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Pauvre DRH, Le film de trop...

 

 

Je sais que je vais encore m'attirer quelques foudres...mais entre nous je m'en fiche un peu !

Hier soir je suis allé à la projection en avant première du film "corporate" de Nicolas Silhol avec un casting de premier plan, Lambert Wilson, Céline Sallette, Stéphane de Groodt et Violaine Fumeau. Invité par l'Andrh je m'attendais à voir un film où le rôle principal, celui d'une RH me redonnerait un peu de peps en regard d'une profession généralement peu épargnée. Faute !

Tout le contraire. J'ai passé mon temps à avoir envie de lui mettre ma main dans la figure et sans retenue aucune. 

Je vous explique l'action : une rh sert la soupe d'une direction (Lambert Wilson DRH Groupe, je pense) d'une très grosse entreprise dont le titre de gloire est de placer les collaborateurs (trices) indésirables en face d'une alternative : comprendre que leur place n'est plus dans l'entreprise et prendre eux mêmes la décision de démissionner. Jusqu'au jour où l'un d'entre eux se jette par la fenêtre et se tue. Dès lors l'entreprise, et la RH , tentent de ne pas assumer une responsabilité pourtant évidente. Mais comme le dit la RH à son patron, "tu sais pourquoi tu m'as embauché" (faire salement le sale boulot...) (ndlr) La RH se rendant compte qu'elle va payer pour tout le monde, finit par dénoncer ces pratiques de management sous une forme de rédemption qui ne trompe personne...

Le scénariste dit s'être inspiré des cas rapportés de management par la terreur, et de France Télécom en son temps. 

Le débat qui suivit fût consternant. D'abord, le réalisateur ouvrit la porte en demandant aux RH présents leur avis (il y avait dans la salle des DRH, des "chsct" , des médecins du travail, des syndicalistes, des consultants...) Je ne donnerai pas mon avis sur le film lui même, bien interprété, avec des moments parfaitement tournés (la scène du suicide, tout en retenue mais en "choc"aussi) . En revanche, durant toute la projection,  j'avais mal pour la profession et pour le logo andrh sur la diapo de présentation. 

Heureusement une DRH prit la parole pour dire qu'elle ne s'identifiait pas au personnage. Que ce n'était pas ses valeurs. Merci Madame, vous avez redonné un peu de force à vos collègues. Mais autant cracher en l'air. Le réalisateur avait un leitmotiv : "je ne suis pas là pour défendre une profession", et de faire la comparaison avec les films de ripoux et les réactions des policiers qui ne se reconnaissent pas. Mais il y a une différence Monsieur Silhol, l'abondance de films policiers où le héros flic est un gentil, un juste, un pro, contrebalance les quelques films où il est un pourri. En revanche, le moindre film où se profile un DRH, et vous en avez la caricature...et ça, ça me gonfle, vous ne pouvez pas savoir à quel point.

Des personnes dans la salle ont hué le terme de RH bashing que j'ai employé. Une DRH a signalé qu'elle avait trouvé des similitudes avec sa société américaine, une autre a signalé que le spectateur saurait reconnaître les bons des mauvais dans la vraie vie ! Que nenni Madame, je suis prêt à parier que dès la sortie du film en salle les "express", "Point" et autre magazines "grand public" vont s'en donner à coeur joie. Haro sur le DRH...

Maintenant cette RH existe, je ne le conteste pas, c'est une salope (comme elle le fait dire elle même à son mari) et sa hiérarchie est indéniablement responsable ET coupable. Mais je ne crois pas le spectateur en mesure de faire le tri des informations. Ce qui est du domaine de la toxicité du management et du rôle de la RH ... D'ailleurs les deux sont liés.

Alors, au lieu de tergiverser, il est grand temps, pour démontrer que nos RH héros fréquentables, peuvent être d'une autre trempe que cette RH en mal de déodorant (vous comprendrez si vous allez le voir),  il est grand temps, dis-je, que nos instances représentatives, nos associations préférées, se jettent à l'eau, poussent un vrai coup de gueule, démontrent qu'elles sont capables de donner de la profession une image positive, et de ne pas la laisser impunément mettre plus bas que terre. Nous sommes un certain nombre à imaginer qu'une première étape serait une réelle charte de déontologie (cosignée par tout DRH et DG) contenant une clause de conscience.  Y a-t-il une dose de masochisme dans tout DRH qui sommeille ? Ne sommes nous capable de nous rebeller, comme dans le film, que lorsque nous sommes nous même en danger ? Allons nous enfin parler d'honneur ? Voire pire...de professionnalisme ?

Hier matin, une conversation avec un juriste connu me révélait qu'un de ses amis, manager international de grand groupe, avait démissionné parce que ses actionnaires lui demandaient de mettre en oeuvre une restructuration avec plan social à la clé qui ne se justifiait pas et ne correspondait pas à ses Valeurs Il n'a pas cherché à négocier, à se faire licencier, il a juste voulu être en accord avec ses valeurs, il est parti, c'est tout... un DRH n'en serait pas capable ? N'aurait-il pas lui aussi un peu de courage ?

Ce film va être un coup de couteau dans le dos pour tout DRH qui fait correctement ET proprement le job... alors s'il vous plait, partagez ce billet pour manifester votre humeur. Nous nous sentirons moins seuls. Et, sans remettre en cause l'oeuvre de création, nous donnerons à comprendre que c'est une oeuvre de pure fiction...enfin j'espère !

 

 

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