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Un colloque pas comme les autres…

Comme tous les ans, le colloque des étudiants du Master 2 RH dans les organisations internationales de l’IAE Gustave Eiffel fût un grand succès. Auparavant dans les locaux de l’ENA, le thème de cette édition 2017 justifiait pleinement son déplacement dans les locaux d’UNIBAIL RODAMCO : « intelligence artificielle et robotisation, quels impacts sur les RH ». Ce généreux sponsor abrite en effet des « start-up » tout au long de l’année.

Ce qui frappe d’abord est le professionnalisme des étudiants. Pour moi, qui participe souvent à des colloques et séminaires divers, je suis bluffé tous les ans par la maîtrise des jeunes sur la communication, la logistique mais aussi leur rapport aux intervenants. Un grand bravo donc.

Une première table…

Maintenant le sujet. La première table ronde composée de 6 intervenants portait sur la place de l’homme de demain dans le monde du travail. Jean Christophe Anna, auteur de « Job&réseaux sociaux, connectez-vous » a souhaité faire la différence entre emploi et travail. En qualité d’animateur, je me devais de ne pas prendre parti. Sur ce blog c’est différent. Je ne pense pas que cette distinction sémantique change quoi que ce soit aux données du problème. Travail ET emploi risquent fort d’être en difficulté ces prochaines années. Ce sont les conclusions auxquelles adhèrent aussi les patrons des GAFA… Le peintre en bâtiment, si l’on « robotise » son activité risque fort de perdre emploi ET travail comme des millions d’autres salariés. Que les périodes transitoires déterminent des passages du salariat à l’autoentrepreneur ne changera rien. Effectivement Julie Coudry et Olivier Malfronte se retrouvent sur des positions très optimistes. De nouveaux emplois seront créés… Oui mais pour qui ? Les finalités du système capitaliste ne vont pas transformer toutes les caissières de supermarchés en « conseillères » et tous les employés de banques en « fédérateurs de projets » ….

Daniel Ratier chargé de mission sur les questions des TIC et conditions de travail, mais aussi très impliqué dans la création de la Grande Ecole du Numérique repositionne le débat dans sa sphère sociétale, et on a en tête la multitude de chiffres qui, d’un institut à l’autre, d’un cabinet à l’autre, d’une organisation de prospective à l’autre, annonce de 15 à 50% le solde de la destruction d’emploi dans les 20 ans. Plus seulement des emplois à bas niveau de qualification, pas seulement des emplois pénibles et répétitifs, mais aussi des emplois fortement qualifiés…mais automatisables. Dominique Turcq, fondateur de l’Institut Boostzone, intègre ces paramètres pour qu’ils soient présents dans les stratégies d’entreprises. Il est l’auteur d’un article fondamental du le DRH cyclope face à ces bouleversements. Attention que si le DRH ne change pas de lunettes, il ne devienne…cyborg !

Aujourd’hui, la seule chose que l’on sache, c’est que l’on ne sait rien. L’avenir n’est plus prévisible.

La chute de l’Empire Humain dit-on ? Pour ma part, je ne souhaite pas donner dans la méthode Coué, je crois que nous y sommes…et qu’il faut imaginer l’avenir différemment sans rester dans nos anciens paradigmes. Vivre sans travail, ce doit être possible…

 

Puis une seconde…

 

La seconde table ronde porte sur « les RH dans tout ça » … François Geuze, l’un des seuls « auditeurs » de la place qui dispose de la double origine « numérique et RH », plaide pour une ré-invention de la profession. La profession s’adapte, mais pas en suiveur, en défricheur. Et une phrase tombe comme un couperet : la profession va changer…pas forcément avec les mêmes. Hervé Borensztejn, un fidèle du colloque, est à la fois un professionnel de l’accompagnement des transformations, comme il le fût lorsqu’il était DRH de Grands Groupes. L’autisme n’a plus sa place dans la relation entre stratégie, gouvernance et les hommes au risque de disparaître.

Delphine Riché, DRH il a peu d’une division de Sanofi, cherche à jouer le rôle de candide, mais professionnelle jusqu’au bout des ongles, elle mesure la difficulté de la tâche. Etre à la fois un fédérateur de spécialistes RH en supprimant les silos RH et faire en sorte qu’au sein même d’une DRH les gens agissent de concert et se parlent.

Jérémy Lamri, le « patron » du Lab’RH, qui fédère 400 start-up en RH, ne se comporte pas en impérialiste. Il sait faire la part des choses entre les transformations liées aux évolutions d’outils et le retour à un humanisme nécessaire. La pression de François Geuze sur l’adoption d’une charte RH va d’ailleurs dans ce sens. Le DRH, gardien de l’éthique.

Michel Lutz, Group Data Officer chez Total, sait ce que c’est que l’accompagnement des métiers et salariés en « transformation » … on est dans le changement de culture, et ça non plus ce n’est pas qu’une question d’outil. Le facteur « temps » doit être pris en compte, alors qu’on n’a pas le temps. Paradoxe ?

Alors, entre nous, ma conclusion ? Beaucoup de personnes réagissent en idéologues et face à l’incertitude des chiffres ce sont aussi les affects qui s’expriment. Sur ce sujet le mot de disruption prend réellement tout son sens. On est au croisement des alternatives possibles au travail, des évolutions insoupçonnées encore des machines, et des mutations des systèmes économiques. La prédictivité est quasi impossible.

En revanche l’avenir risque d’être rude si les décideurs ne quittent pas cette posture élitiste. La formation toute sa vie peut-être mais pour se former à quoi si le travail n’existe que pour une moitié de la population (ce que je crois) … mais c’est le mot, on est dans la croyance…et comment peut-il en être autrement ? Alors, je pense à ces superbes étudiantes et étudiants du M2… On leur laisse une « terre » réellement abimée et ce n’est pas l’american way of death de Trump qui va arranger les choses, et ils sont en droit de nous en vouloir pour ça. En revanche, côté travail, les révolutions qui vont se produire, ils les valideront ou non… et là ils ne pourront s’en prendre à personne… sacrée responsabilité.

Mais pour les étudiants de l'année prochaine, que la barre est haute, nom d'un petit robot !

 

 

 

 

 

En attente du prochain, et chaque fois la barre plus haut ...
En attente du prochain, et chaque fois la barre plus haut ...

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