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Dans le numéro de juin 2017 de Psychologies Magazine, sous la plume de Margaux Rambert on pouvait lire ceci :

« TROP LABORIEUX, TROP CHRONOPHAGE. » C'est ainsi que Sophie, employée de banque de 35 ans, juge le travail en équipe. Elle le fuit tant qu'elle le peut. « Je n'ai pas le temps, cela me stresse, même : se mettre à la place de l'autre, comprendre son point de vue tout en existant également. demande trop d'efforts. Pas de doute, « les autres sont encombrants, avance le coach Benjamin Guiguet. La réunion d'individualités demande effectivement plus d'énergie, d'investissement. Mais, en général, pour un résultat bien plus créatif et excitant ». Et un peu plus loin : "Je suis trop indépendant. Certains l'affirment : le travail collectif n'est pas fait pour eux. Très autonomes, ils aiment faire cavalier seul. Les autres ne les intéressent pas vraiment, voire les agacent. Le problème ? Nous sommes constamment en interaction avec eux. « On touche ici une question philosophique : où en est notre sens de l'altérité ? interroge Benjamin Guiguet."

Vous allez dire que c'est exagéré, que le collectif est passé dans les usages ? Laissez moi vous narrer quelques épisodes vécus : 

- en entreprise d'abord. Un grand groupe français où la culture "ouvrière" a été forte, la solidarité, une valeur. Demandant à un jeune encadrant de proximité qui il avait inscrit dans son projet de réorganisation d'atelier : "oh, personne. D'abord je risque trop de perdre du temps. Ils vont tergiverser, peut être même ne pas être d'accord entre eux..." et là, la phrase qui tue : "et puis je veux qu'on sache que je l'ai fait tout seul. Aucune raison que d'autres en profitent. La reconnaissance, il n'y en a que pour un !"

- Dans une école privée ensuite : niveau Bac+5... un groupe de 6 étudiants devant réaliser un travail collectif se présente à l'oral avec chacun un dossier. N'ayant pas pu travailler ensemble, ni se coordonner, ils avaient réalisé 6 projets...

et je pourrais donner ainsi des tonnes d'exemples y compris dans une Ecole supérieure de très grande renommée. Mais ce qui me semble plus grave, sans que je puisse donner à mes propos une solide base statistique, c'est qu'il me semble que le phénomène s'amplifie. Il se passe exactement la même chose que dans certaines analyses de dysfonctionnements des "entreprises libérées" ou encore lors des mauvaises utilisations du "management délégatif". Nous n'avons pas compris que le "collectif" ce n'est pas naturel, et que ça s'apprend. 

 

 

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