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Salle comble pour le Tribunal saison 3

La 22e Chambre a ouvert ses auditions hier soir avec les soutiens de l'ANDRH Île de France, Harmonie Mutuelle et Cornerstone. 

La Cour, composée de François Geuze, Procureur, Jean Paul Richon Juge et premier assesseur, Maître Vallat, avocat de la Défense et André Perret, Président, appelle à la barre le Commissaire Berthelot et son Indic, qui viennent nous conter l'histoire de ce robot et d'un ouvrier qui se suicident (ou l'un pousse l'autre, mais lequel) en se précipitant dans le vide. L'indic est là pour montrer que le "conseil" en charge de la réorganisation n'avait pas anticipé les conséquences humaines de l'introduction de l'IA dans l'atelier.

Puis la Cour appelle les experts suivants : 

- Jean Paul Delahaye, docteur en mathématiques, enseignant chercheur à Lille 1, spécialiste de la programmation logique en lien avec l'Intelligence Artificielle. Sa pédagogie est alors bien utile pour recentrer le questionnement sur ce qui est de l'IA et ce que ça n'est pas.

- Jérémy Lamri, à peine débarqué d'un déplacement à la Réunion pour le Lab'RH, ce dirigeant de Monkey Tie fait le tri de l'intérêt d'une IA dans les applications RH de ce qui est faussement nommé IA. On a rarement vu autant d'objectivité et de sens critique chez un professionnel du numérique RH. 

- Eric Pérés, Vice Président de la CNIL, "patron" des cadres FO, membre du Conseil Economique, Social et Environnemental, rapporteur d'une publication du CESE sur le numérique. Il explique que ce n'est pas l'IA qu'il faut incriminer, mais la raison de la captation et de l'utilisation des données. 

- Laurence Devillers, professeure d'informatique à Paris Sorbonne, Responsable des dimensions affectives et sociales dans les interactions parlées LIMSI-ORSAY. Elle anime un groupe sur "Ethique et apprentissage machine" et est une personnalité de pointe sur l'éthique de la recherche en en robotique.Selon le président, "elle fait mieux que Moïse puisqu'elle descend de son Sinaï avec 11 commandements..." Elle est l'auteure, entre autre de "Des robots et des hommes" chez Plon.

- Serge Tisseron, psychiatre et auteur de "le jour où mon robot m'aimera" chez Albin-Michel qui replace la relation à l'IA et au robot dans sa dimension psychologique et ethnologique. Pour ce responsable de l'Institut pour l'étude des relations Homme/robot, l'arrivée de l'empathie chez les robots est un artifice marketing qui ne peut donner lieu qu'à de la manipulation. 

 

 

La parole est alors donnée aux témoins :

- Un coup d'éclat de Gabriel Artero, membre du Conseil Economique, Social et Environnemental, Président de la Fédération Métallurgie CGC, qui se présente, habillé en robot, comme le représentant d'Artero, son papa. Il faut dire que Gabriel Artero est à son troisième passage au Tribunal et qu'il est complètement rentré dans l'esprit "humour, dérision et profondeur" de cet événement. Les syndicats et en particulier la CGC anticipent sur les évolutions IA,  les DRH doivent en tenir compte dans les relations sociales, un seul mot d'ordre : la coconstruction.

- Puis un DRH pas comme les autres : Claude Monnier, DRH de Sony Music, lauréat 2017 du DRH Numérique de l'Andrh qui plaide pour une redécouverte de l'humain dans la relation numérique, ce qui est la seule façon de légitimer la fonction RH. Aussi déjanté que la Cour, il n'est pas impossible qu'on puisse le revoir un jour à la barre.

Enfin, les parties civiles :

- François Hommeril, fougueux Président National de la CFE-CGC, qui ne se hasardera pas à mêler IA et ordonnances, mais qui nous fera comprendre qu'on ne peut refuser le progrès en prenant soin de le domestiquer. Derrière les algorithmes il y a des hommes, il y a du sens à donner et des perspectives à accompagner pour que les individus, les collectivités et les entreprises bénéficient ensemble de ce progrès. C'est à nous à être vigilant. 

- Josè Alberto Rodriguez Ruiz, est quant à lui Global Data Protection Officer chez CornerStone et fait avec humour, le lien entre son travail quotidien auprès des développeurs et des scientifiques de Corner et les attentes et préoccupations des clients dans la vision que précisait Eric Péres de la CNIL. Sa conclusion : "ne tirez pas sur l'IA et les algorithmes...ils savent où vous habitez..."

   

 

Salle comble pour le Tribunal saison 3

 

Le réquisitoire du procureur est une surprise, puisqu'il va motiver une demande d’acquittement pour Madame IA, Monsieur Bot et Al'Goritm. Au point où il est applaudit par l'avocat de la défense "c'est la première fois que j'applaudis un procureur" (dixit).En revanche, il demande que soit inculpés les diseuses de bonnaventures et les manipulateurs en tout genre, et tout les intervenants non légitimes, médecins ou pas..."

La plaidoirie de Maître Vallat est alors facilitées et reprend en synthèse  les messages de chacun des intervenants. Notre monde est en évolution, et même si le droit évolue (on ne concevait pas il y a encore peu, qu'une "personne morale" puisse être pénalement responsable) on doit donc s'attendre à un droit du robot qui se structure, boosté en cela par le parlement européen qui vient de reconnaître le "statut" de robot...

 

 

Le verdict demandé au public, jury d'un soir, ne laisse aucun doute.

Madame IA, Messieurs Bots et Al'Goritm sont déclarés innocents mais placés sous surveillance judiciaire.

 

La saison 4 est déjà en préparation; appelées à la barre : les femmes, la parité et les RH, et ce sera pour juin 2018...

N'oubliez pas de suivre ces aventures sur le MagRH :  www.reconquete-rh.org rubrique Mag RH

 

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