Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Les 20 ans de l'Autre Cercle

J'imagine que bien de mes lecteurs (merci à eux), ne savent pas ce qu'est l'"Autre Cercle", pas plus que moi jusqu'à hier soir. J'étais en effet convié à la Mairie de Paris pour une conférence sur le thème de la discrimination. 

Catherine Tripon, femme que j'apprécie beaucoup depuis de nombreuses années, m'accueillait et je découvrais alors que l'Autre Cercle, association organisatrice de l'événement, était une association de défense des droits des LGBT, et de lutte contre l'homophobie. 

Aucun problème, je suis loin d'être homophobe, j'ai même pris position très ouvertement lorsque des dirigeants de la BNPParibas avaient été attaqués par des intégristes sur ce sujet...et pourtant je dois avouer que cette soirée m'a permis d'ouvrir les yeux et m'a donné envie de partager avec vous ce moment.

Les 20 ans de l'Autre Cercle

L'introduction est réalisée par Anne Hidalgo, Maire de Paris, qui retrace les liens de l'organisation et de la municipalité.Elle précise même que l'évolution des organisations et des individus fait qu'il n'y a plus de barrière étanche entre la vie perso et l'entreprise. Dès lors toute attaque, toute ségrégation, toute tentative d'exclusion d'un individu en fonction de ses préférences sexuelles rejaillit forcément sur la bonne marche de l'entreprise. La signature de la Charte contre l'homophobie par de nombreuses entreprises en est la preuve.

Les 20 ans de l'Autre Cercle

Puis c'est Anne Gaëlle Duvochel, vice Présidente, qui retrace avec un humour à la Desproges, les 20 années de construction et d'activités de l'Autre Cercle. Un humour parfois décalé, de la dérision même, mais qui interroge en profondeur sur les combats passés et ceux à venir. A propos du logo, elle dit sérieusement sa crainte de voir l'interprétation des deux cercles donnant à penser à un vélo... avec les pédales au milieu... ou encore qu'elle va faire court dans son intervention, on lui aurait dit que lorsqu'il s'ennuie, l'homo ça pionce... Mais je comprends grâce à cet historique que l'engagement des "militants" a été compliqué, douloureux parfois et qu'il a permis d'avancer malgré tout.

Les 20 ans de l'Autre Cercle

Lorsque Marlène Schiappa entre en scène c'est justement pour dire que l'on ne naît pas homophobe...ni d'ailleurs militant. Notre secrétaire d'état à l'égalité entre les hommes et les femmes explique que pour elle, elle avait toujours été "élevée" dans la tolérance, que son milieu familial évacuait les tabous en permettant de poser des questions, toutes les questions. Mais que, comme pour elle, la situation était acceptée et normale, elle ne voyait pas forcément l'intérêt d'être militante. C'est plus tard, en entreprise, qu'elle comprendra la nécessité de l'engagement. Tiens, mais c'est un peu moi, ça ? On a tendance à imaginer que ce qui est normal pour soi, doit l'être aussi pour les autres? Erreur ! Et puis d'engager l'auditoire à intégrer y compris dans ces milieux une véritable croisade pour l'égalité entre les femmes et les hommes. Plus tard, un ancien responsable de l'association reprendra ce thème en indiquant qu'il y a trop souvent de la misogynie dans les milieux gay et que pour être crédible et légitimes sur leurs propres revendications, encore faut il être exemplaire.

 

Puis la présentation d'une consultation menée par Ipsos auprès d'un très large public de salariés des entreprises ayant signé la charte, permet de comprendre qu'il existe un décalage très important entre les niveaux d'acceptation dans ces entreprises par comparaison avec celles qui n'ont pas signé. Le directeur général adjoint d'Ipsos en était même estomaqué. Ce chiffre justifiait à lui seul l'intérêt de cette charte, et il ressortait de cette consultation que les salariés de ces entreprises signataires avaient un sentiment de fierté d'appartenance beaucoup plus fort que la moyenne nationale.

Les 20 ans de l'Autre Cercle

Une table ronde réunissait ensuite des chefs d'entreprises comme le Président de Pfizer, un sociologue, et... Catherine Tripon qui pu ainsi pousser un "coup de gueule" à l'encontre de ces dirigeants de grandes entreprises, favorables à la cause" mais qui n'osent pas aller jusqu'à la signature... manque de courage ? Et elle pointe les deux oubliés de l'exclusion : les femmes...a fortiori lorsqu'elles sont lesbiennes et les Trans qui ne changent pas d'état civil.

Le constat tiré par les intervenants est mitigé. Optimiste lorsque l'on voit le chemin parcouru et pessimiste lorsque l'on pense au temps qu'il faut pour changer les choses...

Les 20 ans de l'Autre Cercle

Jacques Toubon, le défenseur des Droits, insiste à son tour sur le fait de savoir se servir de la loi. Dans bien des cas, il existe des outils qui peuvent permettre de se faire reconnaître, de lutter contre l'homophobie et ils ne sont pas utilisés. Dans son institution, il met toute son énergie à porter cette démarche pédagogique. Pour lui, ce qu'il faut viser ce n'est pas la diversité, c'est l'égalité... point !

Et puis, signature des chartes par de nombreuses entreprises, et je ne citerai que L'Oréal, Engie, Seita, Nokia, Pfizer...

Entendu aussi cette cet anecdote qui résume bien ce que peut être l'homophobie ordinaire... dans une école "ouverte" avec des enseignants ouverts, des parents d'élèves ouverts... l'enfant d'un couple homo est parfaitement accepté, il est invité aux anniversaires, aux fêtes... mais jamais il ne peut recevoir de copains chez lui. Jamais un copain ne peut venir coucher chez lui...

Une belle soirée mais surtout une belle prise de conscience que le respect de l'Autre, y compris en Entreprise, passe par là et que c'est aussi une partie de la responsabilité RH.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :