Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

 Encore un coup de gueule

Principe de base : les individus libres et égaux en droit peuvent "croire" en ce qu'ils veulent...ça ne me regarde pas ! Sauf... si je suis persuadé qu'ils se font manipuler et s'ils s'engagent sur des voies qui seront dangereuses à terme. C'est un devoir ... d'assistance à personne en danger.

Je viens de lire un guide édité par la Fabrique Spinoza, un ThinkTank dont l'objectif est de promouvoir le "bonheur au travail". Utiliser l'image d'un philosophe du 17e siècle est déjà assez futé. Au moins, on est certain qu'il ne poussera pas la porte du bureau pour signifier qu'il n'est pas d'accord avec l'interprétation de ses pensées. Le leitmotiv de ce guide est ... le bonheur au travail. Comme toute philosophie, y compris celle de Spinoza, il y a des principes de départ qui ne sont pas négociables : l'entreprise doit intégrer le bonheur au travail dans ses orientations stratégiques. 

Depuis quand l'objectif de l'entreprise est il de se préoccuper de mon bonheur ? Mon bien être; mes conditions de travail, oui, mille fois oui. Mais mon bonheur ce n'est pas réducteur à mon travail. J'ose avoir plein d'autres raisons d'être heureux... Il est vrai que Spinoza avait un problème avec la notion de libre arbitre, mais quand même, est-ce sérieux de proposer à une entreprise de s'organiser pour rendre heureux ses salariés ? Moi j'appelle ça une manipulation à "consonance" sectaire. Et si j'en crois notre inspirateur hispano-néerlandais si je ne suis pas heureux, en définitive, au final, ce n'est pas ma faute... c'est que je suis programmé comme ça ! 

Ouh ouh... on se réveille ? Mesdames et messieurs les RH, ne tombez pas dans le panneau. Cette "fabrique" qui surfe sur la mode CHO, manipule les bons sentiments, utilise en plus des méthodes que je trouve ambiguës. Proposer un outil de mesure du "bonheur" au travail nommé IBAT doit faire bondir et Victor Waknine qui lui, sérieusement mesure depuis des années le "bien être au travail" avec l'IBET, mais aussi les philosophes vivants qui découvrent ainsi qu'on peut "mesurer le bonheur" ... alors tu as combien en bonheur ce matin ? Ah seulement ? Il va falloir faire un effort d'ici ce soir pour être un peu plus heureux...

Mesdames et messieurs les chefs d'entreprises, même si vous vous interrogez légitimement sur ce que vous pouvez faire pour mobiliser vos collaborateurs, résistez aux chants des sirènes. Générez du  respect, donnez du sens, soyez soucieux du bien être, payez correctement...et vous verrez que vos salariés se mobiliseront...et qu'ils s'occuperont eux même de leur bonheur.

Lorsque les gourous de ces concepts refusent d'intervenir gratuitement lors de colloques, lorsqu'ils (elles) refusent les débats contradictoires, les tables rondes... et pour certains facturent des honoraires à 5 chiffres pour une demi-journée... on peut être certain d'une chose, c'est qu'ils s'occupent au moins, de leur bonheur à eux... On est dans le business, soyez en certain. 

Ah oui, j'allais oublier... lorsque sur les plaquettes on trouve des lignes bibliographiques qui donnent des noms d'universitaires ou de scientifiques... dites vous bien qu'ils ne cautionnent en aucune façon la théorie exposée, mais simplement qu'ils valident par leurs écrits un concept sibyllin qui ne participe en rien à la position orientée de la plaquette. Quelques uns de mes amis commencent à s'en rendre compte et  c'est aussi jeter la confusion d'une façon habile.

Donc si on essaie de vous culpabiliser au prétexte que vous ne voulez pas rendre votre personnel heureux... sortez votre mouchoir pour essuyer les larmes de votre interlocuteur, mais surtout, passez votre chemin ! 

 

 

Spinoza, réveille toi, ils sont devenus fou !
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :