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Formation...je prends position !

Ce n'est pas une réforme qu'il nous faut... mais une révolution...

Je critique en permanence les projets,les ANI, les lois en répétant à qui veut l'entendre qu'on loupe le coche, que loin de simplifier on complexifie que les visions manquent sacrément d'ambition... qu'on passe à côté des opportunités... mais quelle est ma vision, quelles ont mes propositions ? Jamais je ne les ai rassemblées dans un texte synthétique.Alors voilà, je le lance et j'espère simplement que parmi mes lecteurs, quelques uns pourront compléter, amender ou rendre encore plus perspicace cette idée que nous nous faisons de la formation.

Règle N°1      (La formation en entreprise)

Il faut sortir la formation continue en entreprise de la zone de chalandise du paritarisme. Il y a trop d'enjeu de conservation des prés carrés, trop de postures, trop d'enjeux personnels... La formation en entreprise est du champ de l'entreprise. Point. C'est un investissement comme un autre.

Maintenant : il faut comptablement l'inscrire comme un investissement immatériel. Et si les financiers vous disent que l'immobilisation ne peut pas s'effectuer puisqu'elle n'est pas sur le long terme, (vous n'êtes pas propriétaire du personnel...) alors pondérons cette immobilisation par le taux de turn-over... Ce qui permettrait aux DRH de faire valoir...leur savoir-faire !!!

De plus , une fois considérée comme un investissement, elle entrerait dans le calcul du PIB, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui contrairement à la formation initiale....

 

Règle n°2  (formation en entreprise suite...)

Pour ne pas sortir les partenaires sociaux de la « formation » au sens large, ils pourraient avoir un terrain plus actif sur la formation des demandeurs d'emploi et sur l'apprentissage.

Ensuite, on retire également les OPCA du champ de la formation en entreprise. Puisque dans les prélèvements obligatoires, rien n'est prévu pour financer le plan de formation, leur valeur ajoutée est nulle. Et c'est à l'entreprise de valider la qualité du prestataire et  non à un datadock inadapté.

Enfin, toujours pour la formation en entreprise, on rend obligatoire pour accepter l'inscription à l'investissement, l'évaluation à froid selon une procédure améliorée : certification du formateur et non de l'organisme avec impact de l'évaluation à froid sur le maintien de la certification, et responsabilité du N+1 dans la performance ou non de la formation (choix des indicateurs, mise en situation d'avoir à faire mettre en application les connaissances acquises)

En repensant l'acte de formation, il devient possible d'intégrer le tutorat, le mentoring dans le périmètre d'une formation quantifiable. Le temps passé par le tuteur est ainsi comptabilisé dans l'enveloppe investissement. On pourra m'objecter que les formations informelles (internet, réseaux sociaux...) ne seront pas prises en compte... sauf que ... lors des évaluations des pré requis pour l'entrée en formation ou pour la prise de poste, ce seront des éléments facilitateurs... c'est déjà ça !

 

Règle N°3    Un CPF +++

Pour la formation des « individus » quelque soit leur position (salariés, demandeurs d'emploi, indépendants, alternants...) on conserve l'idée du CPF, mais en simplifiant cette « usine à gaz ».

Le financement est assuré par un prélèvement non sur la masse salariale (prévision de l'impact de la robotisation et de l'IA) mais sur la valeur ajoutée (%de tva) dont le versement est effectué à la CDC directement qu'elle crédite en € sur les CPF. Mais de plus, les régions sont mises à contribution en abondant par un transfert sur la CDC d'une somme correspondant à un % du « pib régional ».

Les financements CIF sont également fusionnés avec les CPF. Les Opacif ne sont plus nécessaires.

Les formations s'ouvrent à toute formation pouvant accroître l'employabilité donc pas forcément diplômantes ni qualifiantes au sens normé du mot. Là encore, une évaluation annuelle des formations financées prennent en compte l'avis des « donneurs d'ordre » , du stagiaire et des financeurs...

L'abondement personnel est possible et donne lieu à une réduction de l'impôt sur le revenu. Les banques sont contraintes de financer ces abondements personnels sous couvert d'un prêt à taux 0.

Dans l'hypothèse d'une co construction de parcours entre l'individu et l'entreprise, il est possible pour l'entreprise d'abonder le CPF et d'autoriser la formation sur le temps de travail.

On conserve l'idée de rendre l'individu acteur de sa formation par cet outil patrimonial. L'éligibilité des formations est la résultante « nationale » et non régionale d'une validation par une commission indépendante composée de professionnels de la formation (FFP, DRH...), d'experts en pédagogie et de spécialistes emplois des branches. Des opérations de contrôle qualités sont effectués d'une façon aléatoire type fond de salle, par ladite commission.

Règle N° 4  Les demandeurs d'emploi

Demandeur d'emploi : Pôle emploi et l'APEC sont en mesure de créer des pôles orientations et compétences. Les demandeurs après avoir effectués un bilan de compétence, font état d'une recherche de corrélation entre compétences réelles et compétences nécessaires en fonction des jobs recherchés et de la territorialité. Un deal s'opère entre le CPF et un abondement pôle emploi / APEC sur les formations nécessaires. Un système d'alternance est systématisé sur les formations pour demandeurs d'emploi. Les branches sont actives dans ces dispositifs assurant la garantie de l'accueil en entreprise. Un demandeur d'emploi ne peut pas refuser une orientation formation. En revanche il peut refuser une orientation formation avec mobilité géographique.

L'ensemble des prélèvements obligatoires concernant ces dispositifs sont gérés par les Opca (totalement réformés : pas d'interprofessionnels mais des OPCA de branches) dont la mission est revue pour un objectif : assurer l'employabilité des individus.  

 

Maintenant il devient plus que nécessaire de reprendre les fondamentaux, nécessité de définir une stratégie de développement, que ce soit pour les entreprises, les territoires, les bassins d'emplois... puis nécessité de mise en place d'un audit des compétences (entre les murs, dans le bassin d'emploi, à Pôle Emploi) puis seulement de déterminer une tactique de mise en adéquation et de la lier aux aspirations des personnes. 

On peut ne pas être d'accord avec mes propositions, on peut même me faire des procès d'intention, mais je suis persuadé que tout le monde y trouverait son compte. L'entreprise comme les salariés, les régions et l'état... Je ne suis pas anti partenaires sociaux, loin s'en faut ! Les gens qui me connaissent savent à quel point je suis pour des syndicats forts et constructifs. Mais j'ai une sainte horreur du gaspillage et ces lois sur la formation successives depuis des décennies, ne donnent pas les effets escomptés parce qu'on ne réfléchit pas à une révolution et que l'on se contente de réformes pour ne pas mécontenter les partenaires... et c'est là, la porte ouverte aux gaspillages par inefficacités cumulées. Alors chiche ? 

 

 

 

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