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Faut-il en parler ?

Un ami nous adresse ce matin les références d'un ouvrage appelé "DRH, la machine à broyer" dont je ne citerai ni l'auteur, ni la maison d'édition, juste pour embêter ceux qui voudraient donner quelques euros au soutien de cet exercice vénal. Je ne m'en prendrai pas non plus à l'auteur, pur produit de l'école anglo-saxonne (FM, GE ...) puisque je ne le connais pas, et ne me sent aucunement légitime à adopter une posture de procureur. Et puis, faut il seulement parler de ce livre, pavé de plus du  "rh bashing" (dont je vous rappelle que quelques présidents d'organisations professionnelles déclarent en permanence que ça n'existe pas...) Je pense que oui, il faut en parler, en reparler, jusqu'au jour où les jeunes générations que j'espère plus ouvertes à l'éthique, marqueront un point d'arrêt définitif à cette tendance. 

D'autre part, des "connards" ou des "salauds", il y en a dans toutes les professions y compris les plus vénérables. Je peux vous présenter des notaires véreux, des boulangers qui trafiquent leur farine, des ingénieurs qui truquent les tests de pollution, des officiers qui envoient à la mort des contingents entiers sans justification stratégique, des gendarmes qui pactisent avec les troupes d'occupation et qui arrêtent du "juif"... alors qu'il existe dans ces mêmes professions des notaires qui défendent les personnes fragiles, des boulangers qui donnent un pain à un SDF, des ingénieurs qui développent des produits pour notre santé, des militaires qui se sacrifient à la place de leurs hommes et des gendarmes qui alimentent la résistance... Et bien, il y a le pire et le meilleurs aussi chez les DRH. Il ne sert à rien de l'occulter, il faut que ça soit dit.

Mais là n'est pas la question...

L'auteur est aussi un pur produit du management de transition, et là, on doit pouvoir parler des missions... Non, bien entendu, je ne veux pas remettre en cause ce spécialiste RH qu'on appelle pour accompagner la mise en place d'une GPEC, d'une nouvelle organisation de la paie, mais (vous m'avez compris) celui qu'on appelle pour "opérer un plan social", fermer une usine, fondre deux organisations...celui qui, travail terminé, ira se faire oublier ailleurs, puisqu'en interne il est grillé de chez grillé. Dès lors, (merci François), la vraie question n'est elle pas : est-ce là réellement un DRH ? Peut-il justifier ce titre ? où n'est ce pas plutôt un nettoyeur, un chasseur de primes, un mercenaire, un "bob Denard" des relations inhumaines ? Faire des sales missions, qui plus est, en les faisant salement... Et il faudrait que toute la profession en souffre ? 

Et maintenant, que vais-je faire ? (and now, my love...pour ceux qui ne connaissent pas Bécaud)

D'abord mettre d’actualité dans les salons feutrés des organisations professionnelles, le sujet de la charte de déontologie avec clause de conscience. Si les "anciens" de la fonction (comme l'andcp à une époque) rechignent, qu'elle soit portée par les jeunes et que les étudiants RH puissent être trempés dans cette réflexion éthique par leurs professeurs. C'est peut-être d'eux dont viendra le salut (mais nous sommes quand même des milliers d'anciens à y adhérer)

Ensuite, remettre des formations RH/éthique, dans les formations Ecoles d'Ingénieurs et Ecoles de Management... (sans commentaire)

Enfin, mobiliser les organisations professionnelles pour qu'elles prennent position sur la déclassification RH des missions de "nettoyages"... il est des missions dont on ne s’honore pas. S'il faut nettoyer, ce n'est pas au DRH de le faire. Et qu'on ne me dise pas que ça permet au moins de limiter les risques... c'était le discours des hauts fonctionnaires de Vichy !

 

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