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Suite de la discussion de ce weekend consécutive à la proposition de mettre en oeuvre la charte de déontologie du DRH 

Plus de 3500 personnes ont été concernées par les "post" et "billet" divers, qu'il m'a été donné de produire ce weekend, sans compter les contacts encore plus nombreux résultants des productions de mes ami(e)s,  signe que ces propos interrogent et ne laissent pas indifférents, même un dimanche !

En revanche, il me semble qu'il est temps de mettre les arguments sur la table :

- ceux qui sont "contre" arguent du fait que la fonction n'a pas besoin de carcan (comme le signale la trésorière de l'andrh) . C'est assez mal connaître ce qui différencie une charte d'un code. Comment est-ce vécu par l'opinion publique (dont les salariés font partie) : ils ont peur de s'engager, ça cache bien quelque chose...les journalistes ont peut-être raison.

On met aussi en exergue les obligations de réserve, de discrétion, et de valeurs personnelles qui seraient les facteurs de succès des pratiques RH... Je ne peux adhérer, la transparence est au contraire une qualité indispensable à la fonction et la communication aussi. Nous ne sommes pas des avocats d'affaires.

Une organisation professionnelle précise que la charte n'apporte rien, n'empêche pas les escrocs de pratiquer les RH... et en même temps elle propose sur son site d'ouvrir les colonnes de son journal à ... 

"L’ANDRH invite Didier Bille* à partager (et à débattre !)  par exemple dans les colonnes de sa revue Personnel, avec ses pairs, sa démarche éditoriale et son expérience.»

                              * auteur d’un ouvrage  à paraître au Cherche midi, « ayant exercé dans des sociétés de culture anglo-saxonnes basées en France pendant 22 ans ».

 

Oui, vous avez bien lu... avec ses pairs... un comble ! On ne veux pas être considéré comme "pair"  Et on aurait pu se passer de la pub pour son bouquin. En aucun cas, nous ne plaidons pour un ordre des DRH comme dans les pays anglo-saxons. Mais nous plaisons pour l'affirmation par une profession et ses acteurs que l'éthique est le fil rouge de ses actions.

Il n'est plus possible de continuer dans les amalgames, les approximations. La demande de clarté est forte, nous avons un devoir d'explication, de pédagogie, mais aussi de preuve de confiance vis à vis d'une opinion publique qui sera de plus en plus souvent sollicitée en "juge" sur les sujets RH que ne manqueront pas d'ouvrir les thèmes de la digitalisation, de la responsabilité sociétale et des pratiques managériales.  Pourquoi fuir ? Pourquoi faire comme si ce n'était pas utile, pas professionnel... Pourquoi se conforter d'une réponse telle que : je n'en n'ai pas besoin...donc la profession n'en n'a pas besoin. Serions nous devenus autiste ? Je suis heureux de constater que les jeunes RH sont nombreux à adhérer et à accompagner quelques vieux briscards comme nous. En espérant que la relève aura le courage et l'audace qui manque à certain de leurs aînés, je vous invite à lire un billet explicatif de l'un des porteurs actifs de la charte, François Geuze. 

Arrêtons les postures et œuvrons pour la profession, que diable !

 

La peur n'évite pas le danger

 

La quasi-totalité des professionnels RH répondent déjà au critères de cette charte car c'est inscrit dans leur valeurs personnelles et professionnelles. Sauf qu'elles ne sont pas formalisées et donc méconnues en dehors de la fonction.

 

L'affichage de la charte n'est donc pas à prendre comme le pensent certains comme un carcan mais comme un véritable outil de communication et d'information de l'ensemble des parties prenantes de l'entreprise. Elle peut servir de rempart à différentes injonctions auxquelles sont confrontés les RH.

 

Elle permet ainsi de lutter contre les pratiques de plus en plus fréquentes de HRBashing en affirmant de manière structurée que la fonction RH est aux antipodes de ce qui nous est trop souvent présenté

 

Par ailleurs les jeunes professionnels RH sont souvent en interrogation sur ces sujets. Il est important de leur présenter un cadre, leur permettre d'avoir une vision globale et synthétique des responsabilités qui nous incombent

 

Par ailleurs il s'agit d'une charte, pas d'un code. Elle est à application volontaire, en tant que RH je l'avais affichée à l'entrée de mon bureau. Elle avait alors permis d'engager un dialogue particulièrement constructif avec les représentants du personnel et nombre de managers, qui sans tomber dans la mode de la bienveillance (qui n'existait pas à l'époque) s'était alors réellement interrogés sur leur modes de fonctionnement avec leurs équipes.

 

Alors de grâce arrêtons de considérer comme le font certain que cela serait un carcan supplémentaire. Les évolutions réglementaires auxquelles nous faisons face sont elles contraignantes. Le numérique bouleverse nos modes de travail, le LabRH et la CFE-CGC travaillent actuellement a une charte numérique RH, qui constitue à mon sens le volet éthique et déontologique des obligations RGDP, la RSE va elle aussi s'insérer dans l'agenda des professionnels RH, que vaut-il mieux ? anticiper et affirmer nos valeurs ou laisser d'autres s'emparer des problèmes mis en avant par les dérives de certains et nous imposer la un réel carcan ... C'est à nous à nous emparer de l'avenir et ce n'est pas parce que la charte n'était pas utile jusqu'à présent qu'elle ne l'est pas aujourd'hui. La fonction RH change, l'entreprise est de plus en plus collaborative, pour bien travailler il faut que tout le monde puisse partager les préoccupations de chacun. Sans cela, il n'y a pas de collaboration, seulement une conception datée et ancienne de la fonction et de son fonctionnement.

 

Le professionnalisme c'est agir pas réagir ...

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