Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

 

Avant même de publier le Mag RH 2 sur les nouvelles stratégies syndicales, je voulais simplement vous faire part de quelques réflexions :

Les syndicats sont morts…

Je suppose que ça en arrangerait certain, mais ce que voulait dire Laurent Berger lorsqu’il disait que les syndicats étaient mortels, c’est qu’à y prendre garde (ne pas se réformer, se couper du terrain, trouver des solutions…) ils pouvaient éclater comme l’ont fait les partis politiques traditionnels. Maintenant la question est : avons-nous besoin des syndicats ?  Ma réponse est clairement oui. Si vous attendez une prise en charge de vos insatisfactions, de vos revendications par les réseaux sociaux, par le « Just in time » d’un « Advisor » quelconque, ayez l’objectivité de constater qu’en pesant de votre voix d’adhèrent vous pouvez avoir une chance d’infléchir la position d’une « institution » même s’il faut pour cela attendre le prochain renouvellement du bureau…alors qu’on a rarement vu in avis faire changer l’orientation d’un Facebook ou d’une application quelconque. Et moi, en qualité d’employeur, je préfère et de loin, négocier avec mes délégués locaux, que je connais, que j’estime, même si je ne dis pas souvent, plutôt qu’avec Apple ou Google.

Les syndicats sont des empêcheurs de tourner en rond…

Tant que je pense comme ça, peu de chance qu’ils changent. Cette représentation mentale que j’ai d’eux construit mes comportements et induit les leurs. Imaginez quelques minutes, que j’aille voir mon DS avant une prise de décision, pour lui dire « off », « tu sais, nous sommes confrontés à telle situation stratégique, j’aimerai qu’on échange pour que les conséquences soient bénéfiques pour les salariés, au pire les moins préjudiciables… » Une fois, deux fois, trois fois… je suis certain qu’il ne vous regarderait plus de la même façon.

Jouer la carte de la transparence. Il existe des pôles de convergences entre relations sociales apaisées et productivité. Mais comment entretenir ces relations sans confiance ni transparence ? Sans être bisounours, c’est à nous à faire le premier pas, à nous de montrer que nous sommes dignes de confiance. L’héritage est trop lourd pour qu’elle s’impose naturellement.

Et puis, il faut tirer les OS vers le haut. On a les salariés qu’on mérite (ça, j’en suis intimement convaincu) mais on a aussi les syndicats qu’on mérite. Et là, un examen de conscience s’impose.

Néanmoins il est possible d’agir par petite touche, amener son DS à des « colloques » avec soi, l’inscrire aux formations « finance pour non financier » avec les autres cadres opérationnels…

Les syndicats sont tous les mêmes…

Il existe clairement des organisations « constructives » et des organisations d’opposition. La lecture du Mag RH ne sera peut-être pas la solution, puisque les plus « contestataires », Sud, quelques fédérations FO, voire la CGT (hors UGIC) ne l’avouent pas si facilement et pour cause. A y regarder de près bien des sections d’entreprise CGT signent des accords alors qu’il est exceptionnel que le « national » le fasse. J’ai même des exemples où l’accord est signé en entreprise contre l’avis de la confédération. Maintenant qu’est le discours des « réformistes » : nous avons des objectifs communs avec l’entreprise. On peut donc discuter sur tout ce qui nous rassemble. Et je me souviens des propos d’un dirigeant d’OS Canadienne qui disait : il suffit de dire que là où il n’y a pas convergence d’intérêt, on passe outre, et on n’en fait pas une affaire de blocage. Sur le reste, on peut avancer. Je suis presque certain que Laurent Berger ne contredirait pas ces propos de son collègue outre atlantique, mais pas plus que la CFTC ou l’UNSA, sans parler bien entendu de la CFE-CGC voir de l’UGIC CGT.  Alors si, nous les DRH pouvions adopter le même principe.

Les négociateurs des accords nationaux sont des « politiques » …

Et alors ? Certainement oui, et pour cause puisque la feuille de route dépend des gouvernements et les postures impliquent des « minimum acceptables » des « attention à ma base », des « je te donne, tu me donne » et tellement d’autres « petites histoires », mais est-on bien placé pour juger ? Sommes-nous assez vigilants pour faire remonter nos préoccupations, nos idées ? Je suis aujourd’hui convaincu que de très belles idées n’arrivent jamais en « haut ». Vous voulez un exemple ?

Les dernières négociations sur la formation. Depuis plusieurs années quelques « experts » plaident pour une reconnaissance comptable de l’investissement formation. Pour faire court, les adversaires de ce concept disent que les normes comptables internationales qui font loi sur ce registre ne prennent en compte que les investissements nécessitant une immobilisation sur le long terme. Et pour qu’il y ait immobilisation, il faut que les choses vous appartiennent. Vous achetez une machine, vous l’amortissez puisqu’elle est à vous et reste chez vous, même après être amortie. Vous formez un salarié, bien entendu il prend le la valeur, mais il ne vous appartient pas, il peut partir dès le lendemain. Les supporters dont je suis, pensent qu’il peut y avoir des solutions en tenant compte du turn-over par exemple comme élément régulateur… L’avantage serait alors que l’investissement « formation » deviendrait un facteur de valorisation de l’entreprise, ce qu’il est en fait, mais pas officiellement et permettrait à bien des entreprises d’en faire plus et de préciser l’aspect stratégique de cette dépense. Lorsque Laurent Berger déclare que cette demande n’a jamais été formulée, même par le Medef… on peut se demander qui fait blocage, alors que même cette question est à l’ordre du jour des réflexions des Experts Comptables et des Commissaires aux Comptes. Côté RH, des personnes comme Sylvie Brunet (CESE) ont porté cette demande en son temps (mais il est vrai guère appuyée par les organisations professionnelles). Et lorsque vous expliquez à Laurent Berger que si la formation initiale est inscrite dans le PIB et que la formation Professionnelle ne l’est pas, mais qu’en faire un investissement comptable la rendrait ipso facto éligible, ses yeux s’allument et il vous dit « vous voyez qu’il y a encore des pistes à explorer » … Donc personne ne lui avait fait remonter le message…. Il nous reste effectivement du grain à moudre. Et pour ça aussi, on a besoin des syndicats.

Enfin, la démocratie parlementaire ne fonctionne réellement correctement qu'en adéquation avec la démocratie sociale. L'une n'exclue pas l'autre, elles s’enrichissent mutuellement. A nous d'être les arbitres pertinents.  

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :