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Lorsque j’écris un petit billet d’humeur, bien souvent une musique l’accompagne. En ce moment c’est une de mes chansons préférées de Léo Ferré sur un poème d’Aragon…

Louis Aragon

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?
Et leurs baisers au loin les suivent ?

Et le premier couplet :

Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
À quoi bon 
Puisque c'est encore moi
Qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m'éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j'ai cru trouver un pays

Léo Ferré...mimétisme Aragon ?

Le refrain lancinant « est-ce ainsi que les hommes vivent… » m’entraine sur une réflexion un peu misanthrope que j’aimerai partager avec vous…

Comment comprendre que si peu de tunisiens soient aller aux urnes récemment alors qu’il y a peu ils ne pouvaient guère changer le destin de leur pays et de sa dictature. Comment interpréter ce peu de participation aux élections au Liban qui du coup laisse le champ libre un peu plus à des partis extrémistes. Comment comprendre les italiens, qui viennent de laisser le pouvoir aux populistes. Il est vrai qu’après les Mussolini, les Berlusconi et consorts, les réactions deviennent parfois réflexes. Comment imaginer qu’en Irlande on en soit encore à se demander si les femmes peuvent disposer de leur corps, et encore plus en Pologne, où la prescription de pilule abortive se fait par les vétérinaires, beaucoup de médecins inféodés à l’église catholique refusant cet acte.

Dans les premiers cas cités, un découragement fondamental du « politique » mais aussi expérience faite du changement…pas grand-chose ne permet de résoudre les problèmes de la vie quotidienne, comme si on était resté coincé sur la première strate de la pyramide de Maslow.

Pour les autres cas, les « valeurs » imposées par les autorités morales ont tellement infantilisé les « masses » qu’elles ne savent même plus discerner ce qui est du domaine de la liberté individuelle indispensable à la maturité et ce qui est du domaine d’une construction sociale valable pour tous.

Qu’une minorité dans pratiquement l’ensemble des pays européens gouverne, par abandon (abstention) d’une quasi majorité d’électeurs et l’éclatement en petits partis opposés représentants les autres, me donne à penser que ceux qui ne sont pas d’accord avec cette minorité gouvernante s’en accommodent très bien. Ils « râlent » mais font avec.

Panem et circenses, du pain et des jeux (du cirque) comme le dit le poète Juvénal dans la Satire X et qui est politique courante des empereurs romains peut être traduit aujourd’hui par Smic et téléréalité, ou encore par Alimentation Monsanto et PSG ?

Ces centaines d’années d’une démocratie dévoyée ont abouti à forger un ADN immature. Le cumul d'un travail qui a conduit l’esclavage à un mode plus approprié, plus convenable : le lien de subordination, n’a pas permis de renverser la tendance. Juste quelques soubresauts (guerres, révolutions, « événements » …) servent de soupapes, puis tout rentre dans l’ordre. Il faut que tout change pour que rien ne change (Le Guépard). On guillotine des rois, puis on se précipite devant le petit écran pour regarder un mariage princier dont le montant, payé par le contribuable britannique, est hors de porté du spectateur moyen. Les journalistes feront croire que le « peuple » a besoin de rêver, de s’identifier et manifeste ainsi sa cohésion. Peut-être, mais sur des « valeurs » ou sur du glamour pour midinette ?

Vous vous souvenez certainement du passage de la Genèse qui amène Dieu à chasser Adam et Eve du paradis terrestre ? Même un mécréant comme moi s’en souvient ! Ils vivaient heureux dans ce paradis artificiel puisque le seul interdit était la « pomme » symbole de la « connaissance ». Encore aujourd’hui on cherche à vous reconstruire ce « paradis » mais n’allez pas chercher à comprendre ce qui se cache derrière les algorithmes… et cerise sur le gâteau, on vous demande d’être « acteur » de votre développement dans ce monde où toute avancée technologique se paie cash par un peu plus de « servilité ».

Infantile par confort, individualiste par peur, le piège de la servilité se referme et une bonne dose d’anesthésie l’accompagne. Aujourd’hui l’esprit critique ne pèse pas lourd en regard de la « télé-commande » … et on obéit.

Est-ce ainsi que les hommes vivent…

 

 

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