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Ce matin lors d'un petit déjeuner au demeurant bien organisé sur les toits de Paris par Diduenjoy, sur le thème de l'évaluation de formation, je me suis trouvé dans une situation assez particulière, celle de revenir plusieurs années en arrière...

Pourtant des réformes il y en a eu ces dernières années, on a changé plusieurs fois de "paradigmes", on a essayé de rendre "mature" les acteurs de la formation et des organisations comme la FFP, comme le Garf se sont donnés de la peine. Les ouvrages (auxquels j'ai parfois contribué, comme le Grand Livre de la Formation (Dunod) ) ont tenté d'évangéliser (comme on dit laïquement aujourd'hui) des foules entières... et rien n'y fait. 

En début de présentation, Jonathan Pottiez LE spécialiste français de l'évaluation nous avait prévenu... on retrouve encore aujourd'hui les mêmes mauvaises pratiques qu'il y a des dizaines d'années. Tiens, au hasard, pourquoi l'évaluation ne se pratique pas en formation... au hit parade des raisons, selon une enquête de Jonathan : 1- Parce qu'on ne me le demande pas, 2- je ne sais pas quoi évaluer, 3- je ne sais pas comment évaluer, 4- Je crains les résultats, 5- ça coûte cher... Tu as raison Jonathan, on croit rêver ! Et ce sont ces "responsables formation" qui sont aux commandes de l'évolution des compétences dans l'entreprise ? 

Et pendant ce temps je me bagarre chaque jour pour que, comptablement, la formation soit considérée comme un investissement... dans un environnement où la majorité des entreprises est incapable d'effectuer, non pas un R.O.I., ce serait trop beau, mais simplement une évaluation à froid, c'est loin d'être gagné. Et lorsque dans la table ronde qui suit la brillante intervention de Jonathan, on évoque la justification de l'évaluation à chaud...au secours !

Lorsque dans l'article qui suit (publi-rédactionnel pris en compte), il est donné du responsable formation une image des plus classiques et qu'en discutant avec des collègues on vous dit "et si on en arrivait là ce serait déjà bien", les bras m'en tombe... Oui, je commence à comprendre l'absentéisme qui remonte en formation, oui je commence à comprendre la désaffection des jeunes sur les formations "métiers" ou les formations "intra" qui ne sont pas considérées comme de la vraie formation mais comme des contraintes, et qu'il ne faut pas trop pousser les N+1 pour qu'ils leur disent :" tu as raison, restes là , il y a mieux à faire..." Oui je commence à comprendre certains experts comptables qui commencent à douter de la maturité économique des "responsables RH" et qui traînent des pieds pour accompagner le mouvement de l'inscription dans les actifs incorporels de la formation. 

Alors il est grand temps de revoir nos copies :

S'il y a absentéisme, c'est que les formations sont inadaptées

S'il y a une baisse des budgets formation, c'est qu'on ne fait pas la preuve que ce sont des investissements dont le but (et on le démontre) est d'augmenter les compétences (hard ou soft, je m'en fiche !) qui vont permettre d'atteindre les résultats que nous avons déterminé lors du choix de stratégie. 

Si je ne sais pas comment évaluer, j'apprends

Si c'est compliqué d'évaluer, on n'aurait pas besoin de moi pour le faire

Et si c'est compliqué, ce n'est pas impossible

Si je ne sais pas ce qu'il faut évaluer, c'est que je n'ai pas mis la hiérarchie dans le coup en amont

Si je crains les résultats...alors je cherche du travail ailleurs !

Je vous assure, ça fait du bien un coup de gueule, mais c'est loin, très loin d'être rassurant .

 

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