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La plaidoirie de Maître Bouvard... un régal

La défense des réseaux sociaux

 

Amis de la collaboration dans la résistance, Bonjour !

Qu’est-ce que j’entends ?!!! Qu’est-ce que j’entends ?!!!

De quoi est-ce qu’on accuse-t-on… les réseaux sociaux ?

 

Auriez-vous un web de retard ?

Quoique ! Quoique : 10049, 7133, ça vous parle, Monsieur le procureur ? Ce sont vos nombres d’abonnés et de followers sur Linkedin et Twitter ! J’ignore pour Facebook, n’étant pas de vos amis partout à la fois, mais je vous fais confiance ! Vous êtes tant addict à votre klout ! Avec un « t », comme dans le chti bilout !

 

Mesdames et Messieurs les jurés, par quel moyen croyez-vous que ceux qui crachent aujourd’hui dans la soupe, ont construit leur propre personnal branling - branding ?

 

Sans les réseaux sociaux, sous la robe austère de la justice qui limbe le procureur – dixit lui-même – y aurait-il grand-chose à brander ? A brandir ? D’ailleurs je vous le demande, Monsieur le procureur, brandez-vous encore ?

 

Vous-mêmes, Monsieur le président, vous bloguez complètement sur cette question ! Si ! Si ! Vous bloguez ! Vous vous payez de billets sonnants… et pas trébuchants du tout tant vous les évrivez avec talent !

 

Ce que je veux signifier, Mesdames et Messieurs les jurés, c’est que quelles que soient les critiques, parfois légitimes, que vous avez entendu ce soir, les réseaux sociaux sont qu’on le veuille ou non, devenus incontournables ! Et que le Procureur et le Président en sont la démonstration in persona !

 

Bon ! Elargissons notre point vue ! Et par la même occasion élargissons aussi les prévenus !

 

Reprenons plus sérieusement : Vous avez entendu les chiffres ! 42% des habitants de la planète sont actifs sur les réseaux sociaux (soit 3,2 milliards de personnes). En France, on compte 58% de socionautes (soit 38 millions d’individus), qui passent en moyenne 1h22 par jour sur au moins 2 réseaux sociaux. 87 % des marketeurs en entreprise y sont actifs. Difficile donc de négliger le phénomène d’un revers… de parquet !

 

Faire le procès des réseaux sociaux, sous le fallacieux prétexte d’esprit de meute, c’est faire le procès des grandes surfaces : tout le monde les critique… et tout le monde y court ! Pourquoi ? Parce que même s’il arrive que l’on se fasse abuser par de la merde en barquette, la plupart des gens y trouvent aussi, avec une grande facilité d’accès et une grande variété, les choses dont ils ont besoin pour se nourrir. Il n’y a pas plus de bêtises sur YouTube ou sur Vimeo que sur 200 chaînes de la TNT et du câble. Et il y a des choses vraiment bien et belles qu’on n’aurait jamais vu sans les réseaux, parce qu’au moins là elles n’ont pas été obligées de passer sous les fourches caudines des instances officielles du commerce et des marchands de culture !

 

Mesdames et messieurs les jurés, ne vous laissez pas influencer par ces résidus réactionnaires : ils conspuent les réseaux sociaux, mais ce ne sont que des zéros associaux ! C’est cela quand on passe du tendance au tendancieux ! Vous savez que c’est une grande constante de l’Histoire ! Il s’est trouvé des gens pour dénoncer les dangers de l’électricité ; il s’est trouvé des gens pour dénoncer les dangers du téléphone, puis de la télévision, de l’ordinateur, etc…. et aujourd’hui des réseaux sociaux !

 

Les RS ne sont que le reflet de notre société. Sauf que pour une fois on peut se faire une idée assez juste de l’état de cette société. Oui, oui : nombre d’internautes sont des crétins, à l’instar des spectateurs des médias audiovisuels à qui l’on fait croire que leur avis compte, ou des addicts du mail qui confondent message et commérage, communication et processus mental diarrhéïque. C’est la colique… ( ?) non, pardon : c’est là qu’est l’hic dans le mail !

 

Ce ne sont pas les Réseaux qui ont créé l’inculture ! Ils n’en sont que le reflet !

 

Cela dit, je connais des érudits, des sachiants – des sachants qui ont aussi peu de vraie culture que les barbouzes du buzz de nos réseaux sociaux. La vraie culture consiste à être capable d’attribuer à chaque chose et à chaque information le degré de certitude qui lui convient !

 

Les réseaux ne sont pour nous tous ici qu’un outil ! Mesdames et messieurs les jurés, si je prends un marteau pour frapper violemment Monsieur le Procureur, ainsi que le bon sens m’y invite, allez-vous accuser le marteau ? Et si en le faisant je me tape sur les doigts, parce qu’il faut bien le maintenir, vais-je maudire le marteau ou ma maladresse ?

 

S’il y a un procès à faire, c’est celui des mauvais usages, et non celui du progrès incontestable que représente la possibilité même d’un réseau que l’on peut à bon droit qualifier de social !

(Le terme a été inventé en 1954 par l’anthropologue britannique John Arundel Barnes qui voulait désigner un ensemble de relations dans un groupe social.)

 

Alors de deux choses l’une !

Si ce que nous jugeons ce soir est l’impact des réseaux sociaux sur nos entreprises, je vous conseille de consulter le baromètre mondial Hootsuite de septembre dernier qui révèle l’importance des réseaux sociaux pour les organisations interrogées.

  • 87% des répondants sont d’accord pour dire qu’ils sont importants pour rester compétitifs,
  • 67% des personnes interrogées reconnaissent que les médias sociaux contribuent de plus en plus aux bénéfices de leur entreprise,
  • Je vous en passe et des meilleures…

Je vous cite juste la conclusion de l’enquête : “Les médias sociaux ont révolutionné la manière dont les clients agissent : ils font des recherches, posent des questions, veulent des recommandations, prennent des décisions d’achats et recherchent un support client directement en ligne. De plus en plus d’entreprises ont pris conscience de la valeur des réseaux sociaux pour le marketing, et au-delà de celui-ci, de l’impact global des médias sociaux sur la réussite de l’entreprise.” CQFD

 

Maintenant, si ce que nous jugeons ce soir touche également au sens des réseaux sociaux pour chacun de nous, alors le philosophe qui sommeillait en moi à l’écoute des propos lénifiants de Monsieur le Procureur (ronflements)… se réveille soudain !

 

Parlant d’un usage efficace et intelligent des technologies dont nous disposons, il n’est pas indifférent de remarquer ici que les réseaux sociaux ne permettent pas seulement l’accès à l’information, mais bien plutôt l’accès à la personne. Contrairement à ce que l’on croit, le partage y est plus important que l’acquisition !

 

Ce faisant, ils ouvrent une possibilité de socialisation et d’acculturation : c’est à nous de contribuer en partie à établir la valeur d’une information. L’intérêt le plus avéré des Réseaux sociaux est probablement là, au-delà de leur puissance fonctionnelle. Vous voulez un exemple ? Michel Serres, scientifique et philosophe reconnu, livrait ce constat fort dérangeant : après des débuts et des développements laissant parfois à désirer… il y a aujourd’hui moins d’erreur dans Wikipédia que dans l’Encyclopédie Universalis ! La collaboration en ligne, ça marche !

 

La « lisibilité » de l’information est en effet, dans cette perspective : augmentation de la pensée ; enrichissement des points de vue ; élargissement du champ des possibles…

 

La connaissance, étant recherche permanente de lisibilité, cherche à discerner les significations au sein de la masse d’informations, et le « sens » au sein des significations multiples. Bon, je traduis, pour les excités du pipeau : trouver la mélodie au sein du bruit ambiant ! Pour cela, les réseaux mettent des personnes en relation, et ce quelles que soient les limites des uns et des autres : ces personnes sont de véritables sujets de leur contribution et non spectateurs-objets de la bien-pensance univoque.

 

Alors même si les cassandres en tous genre nous servent du Georges Orwel revisité GAFA à toutes les sauces algorytmiques – Vous savez :  le grand complot ! – il reste quand même que les RS offrent un moyen d’expression pour le plus grand nombre, et qui échappe aux régulations habituelles. Demandez-vous bien, Mesdames et Messieurs les jurés : pourquoi est-ce que c’est dans les dictatures et les régimes totalitaires que l’on interdit ou que l’on censure les RS ? Que craignent-ils donc ? S’ils étaient si faciles à contrôler, ces régimes les inféoderaient pour manipuler les masses ! Mais ils ne le peuvent pas et ils le savent bien ! On n’étouffe pas une telle liberté ! Eux aussi craignent cet esprit de meute humaine qui, civilisée par la diversité, la connaissance et la collaboration, s’appelle le Bien Commun !

 

Bref ! Les échanges sur les réseaux peuvent donc être source d’ouverture et de créativité, d’initiative et d’innovation. Sortons de nos lieux fermés, confinés et confits ! Je vous l’affirme : les réseaux sociaux donnent matière à un non lieu !

 

Les comportements sociaux des professionnels eux-mêmes s’en trouvent profondément transformés. Dans notre dernière enquête RH info, 3 répondants sur 4 affirment que collaboration et réseaux sociaux vont de pair, et que cela ne fera que se renforcer à l’avenir.

 

S’il y a un point qui fait l’unanimité dans le monde de l’entreprise, c’est bien que cette dernière, tout autant que ses salariés, individuellement et collectivement, doivent être capable de se fédérer autour d’un « sens » renouvelé, c’est à dire d’un but, d’une perspective et de valeurs partagées, tissant une appartenance féconde. Or, ces repères sont aujourd’hui beaucoup plus symboliques qu’avant ; ils doivent tenir compte de l’évolution profonde des caractères psychologiques et sociologiques de nos sociétés, de plus en plus maillées en réseaux sans frontières, des pays aux entreprises, des sociétés aux communautés, et des familles aux individus. Les réseaux sociaux n’en sont d’ailleurs qu’une illustration fonctionnelle particulière. Ils s’inscrivent dans une dynamique et un devenir plus large !

 

A vous de juger, Mesdames et Messieurs les jurés : faut-il condamner une avancée incontournable et incontestable simplement parce qu’il existe un risque de dérive ? Faut-il nous condamner nous-mêmes, parce que nous nous trouvons trop stupides et débiles pour pouvoir être prudents face à ces dérives ? Je le demande aux professionnels que vous êtes ; aux citoyens que vous êtes : avez-vous réalisé quoi que ce soit dans votre carrière et votre vie sans avoir eu à assumer ce double mouvement : favoriser ce qui va dans le bon sens et lutter contre ce qui dérive ? Alors qu’il en aille ainsi de notre rapport aux réseaux sociaux ! Je demande leur acquittement… À nous d’en faire bon usage !

Et par pitié, laissons tomber les exagérations marseillaises du Rougeot de Lille !

Je vous remercie.

 

(explication de la rédaction : le "proc" est en robe rouge et il est basé à Lille...)

La plaidoirie de Maître Bouvard... un régal
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