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QVT ou individualisation de la formation, même combat ?

La situation est terriblement paradoxale : à force de mettre l'humain au centre des préoccupations, à grand renfort de bien être au travail, de bonheur même (oups) on en arrive à des postures managériales qui ressemblent de plus en plus à de la psychothérapie... de comptoir pour l'instant mais pas que...

La performance de l'entreprise via la contrainte a fait long feu. Ça ne fonctionne plus. Comme à l'habitude on envoie le balancier dans l'autre sens et on découvre les vertus de la bienveillance en passant par l'empathie renforcée. Pourquoi pas, c'est mieux n'est-ce pas ? Mais est-ce réellement un contrat gagnant/gagnant ou bien une manipulation où le principal bénéficiaire est le "capitalisme"... 

J'entend déjà mes "amis" me dire que mes démons des années 68 ( Les 3 M : Marx, Mao, Marcuse) me reprennent... mais non, rassurez vous, j'ai vieillis, je cherche simplement à comprendre.

L'entreprise est entrée en compétition avec une composante forte : le temps libre, la famille, le "privé" ... et si elle souhaite conserver la primauté que ne permet plus le droit du travail et les RTT, en même temps qu'elle jette en pâture le droit à la déconnexion (quasiment inapplicable) elle dirige le collaborateur vers des zones de bien être où il va se complaire au point qu'il va s'y "ENGAGER" beaucoup...beaucoup. 

Les sciences cognitives viennent renforcer cette stratégie en donnant les modes d'emplois. Il suffit d'appliquer. 

Ainsi la réflexion sur le salarié acteur, sur le développement des compétences...sur le projet et le devenir professionnel. Allez, maintenant tu es grand, tu dois t'assumer et  définir ton parcours;  tu as pour cela ton CPF avec des euros dessus qu'on va t'apprendre à dépenser. Mais pour que ça fonctionne, ce n'est même plus au manager de te connaître, c'est à toi de te connaître... tu es le seul à savoir où es ta voie, ton devenir, l'environnement dans lequel tu seras heureux...au travail. Ce n'est qu'en effectuant ton auto-analyse que tu sauras quelles sont les "skills" que tu possède et celles que tu veux développer... 

Question : et si au fil du temps on constate que le travail n'est pas une fin en soi, pas un lieu unique de développement... je sais, ce n'est pas politiquement correct... f'autant que les HEC, Sciences Po et consorts intègrent cette "posture" comme une matière à part entière. Bon d'accord pas encore dans les CAP ou Bac Pro, faut pas charrier...  

Comme à l'habitude , je ne suis qu'un modeste lanceur d'alerte... quels sont les effets pervers de cette "mode " ou "évolution ? Et si les effets attendus n'étaient pas ceux qu'on croit ? Et si ces analyses sans "contrôle" envoyaient des générations entières sur des fausses routes ou dans des impasses ? 

Et les coachs ?

Bonne question... J'ai quelques problèmes avec cette profession mais pour des raisons diverses. D'abord le plus souvent c'est une façon de dédouaner les managers qui n'ont pas fait leur travail et qui sous-traitent pour compenser leurs lacunes. Donc coach= souvent constat d'échec. 

Ensuite le nombre de coach "psycho-papouille" est désarmant... d'autant que le plus souvent ils ne viennent pas de la psy et sont parfois des "randonneurs égarés de l'entreprise" Je ne suis pas un manager reconnu , donc je vais être coach.... 

Maintenant ce sont les bras armés de mon premier chapitre. Mais avec quelles compétences ? Est-ce que 6 mois de cours universitaires où l'on fait des jeux ou des exercices de méditation sont un gage d'expertise en connaissance des rouages humains. Regardez le niveau 1 de l'accompagnement, je veux parler des "bilans de compétences" . En dehors des tests parfois contestables, quels sont les "opérateurs" de bilan capable de lister les bonnes questions à se poser pour valider des choix ? J'en ai rarement entendu poser les questions basiques : d'accord, vous voulez être indépendant et vous mettre à votre compte, maintenant votre famille peut-elle accepter de se passer de vos revenus pendant 6 mois ? Vous savez quelles sont les attentes commerciales de vos futurs clients ? Maintenant que vous soyez capable d'initiatives, créatif, avec un très bon sens relationnel...en dehors du savoir-faire , ce n'est peut-être pas suffisant !

Il est vrai que la plupart des formations au coaching sont un peu des analyses de sa propre personnalité pour savoir si vous êtes en mesure de mesurer le niveau d'implication dans la relation... mais en situation hors sol, avec des enseignants eux même formés dans le même jus sans le fondement technique de la psychologie comportementale ou clinique. Et ceux qui le sont sont quasi ignares en entreprise... 

Soyons honnête, il en est des bons certainement et j'en connais, les Sophie, Adélaïde, Sylvie... capables de venir au secours des cas d' errance professionnelle ... Mais pour un bon, combien de charlots ? Quant aux accompagnateurs en reclassement, out-placement, la partie coaching n'est pas suffisante, il est nécessaire d'inclure une partie logistique tout aussi importante qui implique la connaissance des marchés, des cultures d’entreprises, des outils de recherches, des techniques de réseautage... Là encore, combien le font ?

Bon tout ça pour vous convaincre de lire avec attention l'article en lien ci-dessous. Vous ne serez peut être pas d'accord politiquement ou idéologiquement mais ... on s'en fiche. Lisez le et posez vous simplement la question : qu'en tirer comme enseignement positif ? 

Bonne lecture...

 

 

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