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Dans « l’aventure c’est l’aventure », Claude Lelouch filmait un coucher de soleil avec en sous-impression « le énième coucher de soleil de l’histoire du cinéma » …  Alors j’ai tendance à écrire en filigrane de mon billet… le « énième » coup de gueule de l’année…

Je lis des quantités d’articles plus intelligents les uns que les autres sur l’après Corona. Des philosophes, des sociologues, des économistes, des politologues… et les avis de la plupart d’entre eux sont assez convergents : nous sommes à l’avant-garde d’un changement de civilisation, demain ne pourra pas être comme hier, nous allons jouer le long-terme maintenant, et ainsi de suite…

Nous devrions être optimistes à les entendre, et nous réjouir que l’humanité ait enfin compris que nous nous dirigions vers le chaos écologique et social et que nous devions nous ressaisir à moins de disparaître…

Mais il me semble que dans ces merveilleuses analyses, il manque un paramètre : ces « communiquant », ces scientifiques, ces chercheurs sont des références dans leur spécialité, mais aucun d’entre eux ne possède ce qu’il est nécessaire d’avoir pour faire changer les choses : le pouvoir !

Que nous soyons en dictature ou en démocratie, sans pouvoir, tu ne peux rien faire évoluer. Je ne parle pas des gilets jaunes (d’autres parlent de benêts jaunes) qui pensaient faire bouger le pouvoir parce qu’eux (disaient-ils) représentaient le « peuple », ou des grèves longues qui n’aboutissent à rien, mais bien de l’orientation stratégique, du compromis permanent entre lobbies et philosophie politique ou idéologie. Et quand bien même le pouvoir serait éphémère ou illusoire, (puisque à y regarder de près, ce sont souvent les « hauts fonctionnaires », les « institutions » qui le possèdent et non les « élus »), les discours de prévenance, les visions prospectivistes ne pèseront pas lourd lorsque tout sera oublié.

Le pouvoir peut en effet changer de camp comme le prédisait une philosophe : "à  partir de ce raisonnement,  nous posons qu’il y a fort à parier que notre civilisation s’enfonce encore un peu plus dans l’ère du technicisme, c’est-à-dire, de la technique érigée au rang de fanatisme religieux. "

Changer de camp ou s’entourer d’augures, d’aruspices pour simplement se dédouaner en cas d’erreur…pour ne pas perdre le …" pouvoir".
Alors mon coup de gueule ? Les avancées de "demi-mesure" ne servent à rien. Lorsque j’entends des gens, des jeunes, expliquer que ne pas aller faire le jogging quand ils veulent n’est pas supportable, que vivre enfermé avec 4 ou 5 enfants est un supplice (mais pourquoi donc en avoir pondu autant) ou que l’on est solidaire puisqu’on applaudit à 20h tous les jours… je doute que le « peuple » veuille un changement fondamental. Alors ces penseurs (et dieu sait que je les respecte) ne seraient-ils pas une manifestation élitiste voire parisienne, qui imagine que le peuple pense comme eux… et en fait, mon coup de gueule est contre moi-même… qui ne sait plus imaginer la différence entre le nécessaire et le possible.  Et qui du coup ne saura pas, à l’avenir, encore plus que d’habitude, pour qui voter ! (Si d’aventure ce vote avait encore un sens, le jour d’après…)

 


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