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Et bien entendu je veux parler de la fonction RH...

Ceux qui me connaissent un peu savent qu'il m'arrive d'enseigner les RH dans quelques belles écoles parisiennes ou périphériques. Du Bac+3 au +5, je suis effaré par la baisse progressive depuis des années du niveau en orthographe bien sûr, mais aussi et ça me semble plus grave bien que très lié, par les difficultés de plus en plus évidentes à comprendre les données d'un problème lorsqu'il y a plusieurs informations dans une même énoncée, ou à inscrire dans une phrase construite, un message cohérent.

J'en ai fait la remarque à la suite d'un partiel récemment et ça n'a eu l'air d'inquiéter personne. Sauf qu'au même moment, une entreprise où officiait une alternante RH, remettait en cause sa présence au prétexte qu'elle ne savait pas rédiger et que, parfois,  on se demandait si elle "comprenait" ce qu'on lui disait. 

Alors, qui sont les apprentis DRH que nous nous apprêtons à accepter dans notre confrérie des RH ? Et que risque de devenir cette fonction si l'image que nous lui donnons est de cette nature ? 

Vous allez me dire qu'il n'y a aucune raison que les autres fonctions ne soient pas, elles aussi, touchées... Peut-être, mais c'est la fonction RH qui doit être exemplaire en terme de communication, de clarté des relations entre les gens, et aussi, et ce n'est pas rien, être vigilant sur les prérequis nécessaires pour permettre aux salariés de poursuivre leurs évolutions de carrière... Comme toujours, la réponse à adresser à ceux qui disent que seul le fond a de l'importance est la suivante : la forme peut polluer le fond. Et les idées s'effacent lorsqu'elles n'ont plus de véhicules pour voyager.

Et pendant ce temps, l'éducation nationale continue son entreprise de destruction massive de la langue pour féminiser au forceps des mots qui ne le nécessitent pas . Commençons donc par revenir aux fondamentaux, ce sera plus sûr. Pour le reste relisons Jean François Revel :

 

 

 

LE SEXE DES MOTS

Jean-François Revel commente la féminisation des mots :

Byzance tomba aux mains des Turcs tout en discutant du sexe des anges.

Le français achèvera de se décomposer dans l’illettrisme pendant que nous discuterons du sexe des mots.

La querelle actuelle découle de ce fait très simple qu’il n’existe pas en français de genre neutre comme en possèdent le grec, le latin et l’allemand. D’où ce résultat que, chez nous, quantité de noms, de fonctions, métiers et titres, sémantiquement neutres, sont grammaticalement féminins ou masculins. Leur genre n’a rien à voir avec le sexe de la personne qu’ils concernent, laquelle peut être un homme.

Homme, d’ailleurs, s’emploie tantôt en valeur neutre, quand il signifie l’espèce humaine, tantôt en valeur masculine quand il désigne le mâle. Confondre les deux relève d’une incompétence qui condamne à l’embrouillamini sur la féminisation du vocabulaire. Un humain de sexe masculin peut fort bien être une recrue, une vedette, une canaille, une fripouille ou une andouille.

De sexe féminin, il lui arrive d’être un mannequin, un tyran ou un génie. Le respect de la personne humaine est-il réservé aux femmes, et celui des droits de l’homme aux hommes ?

Absurde!

Ces féminins et masculins sont purement grammaticaux, nullement sexuels.

Certains mots sont précédés d’articles féminins ou masculins sans que ces genres impliquent que les qualités, charges ou talents correspondants appartiennent à un sexe plutôt qu’à l’autre. On dit: «Madame de Sévigné est un grand écrivain» et «Rémy de Goumont est une plume brillante». On dit le garde des Sceaux, même quand c’est une femme, et la sentinelle, qui est presque toujours un homme.

Tous ces termes sont, je le répète, sémantiquement neutres. Accoler à un substantif un article d’un genre opposé au sien ne le fait pas changer de sexe. Ce n’est qu’une banale faute d’accord.

Certains substantifs se féminisent tout naturellement: une pianiste, avocate, chanteuse, directrice, actrice, papesse, doctoresse. Mais une dame ministresse, proviseuse, médecine, gardienne des Sceaux, officière ou commandeuse de la Légion d’Honneur contrevient soit à la clarté, soit à l’esthétique, sans que remarquer cet inconvénient puisse être imputé à l’antiféminisme. Un ambassadeur est un ambassadeur, même quand c’est une femme. Il est aussi une excellence, même quand c’est un homme. L’usage est le maître suprême.

Une langue bouge de par le mariage de la logique et du tâtonnement, qu’accompagne en sourdine une mélodie originale. Le tout est fruit de la lenteur des siècles, non de l’opportunisme des politiques. L’Etat n’a aucune légitimité pour décider du vocabulaire et de la grammaire. Il tombe en outre dans l’abus de pouvoir quand il utilise l’école publique pour imposer ses oukases langagiers à toute une jeunesse.

J’ai entendu objecter: «Vaugelas, au XVIIe siècle, n’a-t-il pas édicté des normes dans ses remarques sur la langue française ?». Certes. Mais Vaugelas n’était pas ministre. Ce n’était qu’un auteur, dont chacun était libre de suivre ou non les avis. Il n’avait pas les moyens d’imposer ses lubies aux enfants. Il n’était pas Richelieu, lequel n’a jamais tranché personnellement de questions de langues.

Si notre gouvernement veut servir le français, il ferait mieux de veiller d’abord à ce qu’on l’enseigne en classe, ensuite à ce que l’audiovisuel public, placé sous sa coupe, n’accumule pas à longueur de soirées les faux sens, solécismes, impropriétés, barbarismes et cuirs qui, pénétrant dans le crâne des gosses, achèvent de rendre impossible la tâche des enseignants. La société française a progressé vers l’égalité des sexes dans tous les métiers, sauf le métier politique. Les coupables de cette honte croient s’amnistier (ils en ont l’habitude) en torturant la grammaire.

Ils ont trouvé le sésame démagogique de cette opération magique: faire avancer le féminin faute d’avoir fait avancer les femmes.

 

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