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Je viens de réagir à un billet sur FB qui se veut exprimer la souffrance des étudiants et cette sorte de rage de perdre une partie de leur jeunesse…

C’est vrai que suivre des cours en distanciel, ne plus avoir de contacts avec les profs, ne plus avoir de soirées étudiantes, plus d’Erasmus, doit être éprouvant, et laisser planer le doute sur la capacité à s’en sortir. Maintenant ce sont souvent les étudiants de « facs » qui prennent la parole, je suis certain que ceux qui en bavent le plus sont les élèves qui doivent passer des CAP en apprentissage en restauration ou en hôtellerie, et eux, on ne les entend pas.

Chaque couche de la population « jeune » a ses contraintes et ses déceptions, mais que diable, une année de perdue à 18 ans vaut-elle autant qu’une année de vie perdue définitivement celle-là, en maison de retraite ? A 18 ans on peut recommencer, eux non…  Mais là n’est pas le problème.

Je suis loin d’être d’accord tout le temps avec le Président, mais en revanche, j’adhère à la première phrase de sa première intervention lors du premier confinement : « nous sommes en guerre… »

Notre société n’était pas préparée à se confronter à ces assauts d’un ennemi invisible. Nous n’avions même pas prévu de « ligne Maginot » Et nous en sommes responsables au moins autant que nos gouvernements. Nous avons accepté les délocalisations de l’industrie pharmaceutique, nous n’avons pas provoqué de grandes manifestations contre les réductions des budgets et des effectifs chez les chercheurs, nous n’avons pas crié « au scandale » lors des fermetures de lits dans les hôpitaux… après tout, nous aussi nous avons laissé faire ; nous avons laissé faire la CGT, les syndicats de chercheurs, les oppositions municipales… mais sincèrement, nous n’avons pas apporté nos voix. Ce n’était pas une priorité pour nous.

Donc le mieux que nous puissions faire est de partir de zéro. C’est comme ça ! Maintenant que les « panzers » sont là, on fait quoi ?

La seule solution : on se serre les coudes ! Toutes les fractions de la population sont impactées. Les étudiants comme les autres. Et les dérogations ne sont pas possible. Pour ma part, je suis favorable à un confinement dur avec fermeture des écoles. Quitte à trinquer, autant le faire à fond ! Un mois peut-être…C’est là où on se rend compte à quel point les parents ont démissionné de leur rôle d’éducateurs, où les adultes ont démissionnés de leur soutien aux aïeux en les parquant en « maison », où les habitudes alimentaires et vestimentaires sont souvent absurdes, où on se ment à nous même, en permanence, (journalistes compris) sur les grandeurs d’âmes de la population. On découvre que l’on n’a pas la compétence à se débrouiller seul, à renoncer à ses petites manies, à anticiper, à prévoir, à reporter. On n’a pas quitté cette culture de l’enfant roi, du tout, tout de suite, du plaisir égoïste et par conséquent du manque de solidarité.

Alors le « quoi qu’il en coûte », je ne vois pas comment y échapper si l’on accepte de « protéger » les anciens, de vivre à nouveau mieux mais « après », de limiter la casse pour les commerçants… et je suis certain que la franchise et l’honnêteté consisteraient à dire : il faudra payer après quand même, si … on veut redevenir ceux que nous étions avant.

Et c’est là où le bât blesse : sommes-nous d’accord pour remettre en cause des éléments de notre vie actuelle qui ont démontré leur fatuité ?

  • La liberté d’entreprise : sommes-nous d’accord pour ne pas laisser des personnes incompétentes ou non solvables ouvrir des entreprises ou des commerces qui disparaitront à la première crise ? (À moins d’une signature de décharge renonçant à toute aide postérieure)
  • Sommes-nous d’accord pour inciter les gens à limiter la procréation ?
  • Sommes-nous d’accord pour ne pas « former » des jeunes sur des métiers qui doivent disparaitre à terme ?
  • Sommes-nous d’accord pour limiter la liberté individuelle sur des sujets comme la vaccination, les tests… ?
  • Sommes-nous d’accord pour financer les relocalisations, le bio, la transformation de l’agriculture ?
  • Sommes-nous d’accord pour ne pas amener toute une génération vers le bac … ?
  • Sommes-nous d’accord pour considérer que nous devons abandonner une partie de nos libertés d’état au profit d’une Europe unie (certainement moins nombreuse) mais d’accord sur l’ensemble des critères de vie et sur les « fondamentaux » ?
  • Sommes-nous d’accord pour ramener la nature à son état le plus vivable possible ?
  • Sommes-nous d’accord pour imaginer que le travail ne sera plus comme avant et que l’automatisation doit en alléger la charge et non les revenus ?
  • Etc, etc… ma liste est loin d’être terminée.

Et avant de me fâcher avec la terre entière, je vais terminer cette liste de critères au compte goute, un peu plus tard. Et si, moi, lecteur de ces quelques lignes, j’en partage une majorité, alors je dois peut-être promouvoir la notion de « devoir » au moins autant que celle de « droit ». Les générations ont des devoirs entre elles, les secteurs d’activité aussi. Et les citoyens en sont les garants. Alors, se plaindre est une chose, agir en est une autre. Un étudiant en 40 ne suivait peut-être pas tout ses cours, il ne pouvait pas rêver à un avenir professionnel radieux, et combien d’entre eux ont par la suite aidé la résistance, parfois en donnant leur vie… On n’en demande pas autant à nos jeunes aujourd’hui, juste un peu de patience, un peu d’altérité et un peu d’imagination pour pouvoir mettre aussi l’énergie de leur âge au service des autres. Les étudiants de 68 ont parfois été dans des galères en même temps que sur les barricades, et ce sont eux que les jeunes d’aujourd’hui accusent d’avoir été les privilégiés… comme quoi, rien n’est jamais perdu.

 

 

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