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Et si l’organisation du télétravail était l’arbre qui cache la forêt ?

 

 

Depuis que les entreprises découvrent que le télétravail n’est peut-être pas une mauvaise solution, que les syndicats s’arc-boutent sur l’accompagnement QVT, ce qui en soi est d’ailleurs digne d’intérêt, et que les salariés sont extrêmement partagés sur le sujet, on assiste à une déferlante de webinaire, de consultations, de réunions sur la nécessité d’encadrer cet élément nouveau venu de l’organisation du travail.

Mais à quoi donc cela va-t-il servir ? On perd simplement du temps et de l’énergie comme souvent en France, en ne s’attaquant pas à la réflexion urgente et nécessaire à ouvrir sur l’organisation du Travail au sens le plus large qui soit !

Il est temps de tout mettre à plat. Il est temps pour que les experts, les branches, les partenaires sociaux et toute la puissance publique se pose la bonne question : après avoir tiré les enseignements de cette crise sanitaire, comment allons nous réformer l’organisation du travail. Pas seulement pour ceux qui veulent télétravailler, mais aussi pour les autres, ceux qui ne peuvent pas télétravailler parce que leur poste ne le permet pas.

Si on pose tout sur la table, entre personnes qui peuvent s’écouter et ne pas partir sur des procès d’intention, on va peut-être entrer dans le 21e siècle. Mais il semble qu’aujourd’hui il soit temps, car rien ne pourra plus être comme avant. C'est déjà ce que semble acter des cercles de réflexions aussi prestigieux qu'Erasme qui regroupe déjà des DRH, des syndicalistes, et des experts.

En posant la question à un ami d’enfance ce matin, ancien directeur associé d’un grand Cabinet juridique et spécialisé en droit social, « quelles sont les répercussions à attendre sur le code du travail ? » Il m’a fait cette réponse très pragmatique : « ça risque de changer bien des choses, mais en priorité notre conception du temps de travail » L’employeur est obligé de surveiller et de comptabiliser le temps de travail, d’où la profusion des pointeuses, des horloges, des horodatages y compris numériques. Est-ce une approche saine ? Quantité et qualité, ce n’est pas la même chose. Alors comment va-t-on évaluer la performance, alors que l’unité de mesure est encore aujourd’hui le temps. Même un expert juriste comptabilise son temps facturable, n’est-ce pas Jean-Paul ?

 

 

Alors plutôt que de partir en ordre dispersé, employeurs d’un côté et salariés et leurs représentants de l’autre, si on se mettait autour d’une table pour faire enfin un peu de créativité collective.

C’est le moment disais-je, car en écoutant mes amis DRH, employeurs, et syndicalistes, ils ne se cachent pas derrière leur petit doigt. Cette évolution est maintenant incontournable. Alors, pour une fois, sachons réfléchir et, pardonnez ce gros mot, coconstruire un nouveau système gagnant/gagnant. C’est possible si on veut laisser à nos enfants une relation au travail qui puisse-être engageante. Passons de l'organisation scientifique du travail à une organisation négociée.

 

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