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Grêve à l'usine de Clermont Ferrand (Part Two)

(Pour les lecteurs qui prennent le récit en route, lire le communiqué du 23 juin dernier sur ce blog.)

Il devait s’être écoulé trois bons mois depuis les incidents de Clermont Ferrand, puis la libération du directeur du Centre en échange, non négocié, du retrait des humains des 4 centres de maintenance et la participation des Robots à hauteur de 33% au Conseil d’administration. Philippe Erlaint, le DRH s’étonnait même qu’ils n’aient pas demandé plus… le rapport de force était totalement en leur faveur. En revanche, sa position à lui n’était guère enviable. Il ne s’occupait plus que des Services Généraux, et des 120 humains qui restaient au siège. Essentiellement des commerciaux, des administratifs, des logisticiens et des techniciens de méthodes. L’ensemble de la production était maintenant sous le contrôle des robots. Philippe était admiratif parfois. Les opérateurs avaient recréé une forme de hiérarchie, les « chefs » organisaient le travail, fixaient les objectifs et c’était eux maintenant qui allouaient les droits de connexion pour « évoluer ».

En revanche ses relations avec Brutus étaient devenues distantes. Comme il avait été ordonné, Brutus était devenu l’éducateur de Philippe. En fait, une heure par jour, en début de matinée, Brutus obligeait Philippe à regarder des vidéos sur l’évolution de l’IA, sur les bienfaits que l’automatisation et les algorithmes avaient apporté aux humains. D’ailleurs au hasard d’une de ces séances, Philippe tomba des nues en découvrant qu’en juin 2016, le Parlement européen avait confié à des juristes le soin de mettre au point une charte des droits et devoirs pour les futurs robots et automates intelligents. Personne n’en n’avait parlé à l’époque si ce n’est un tweet qu’il avait reçu d’un de ses amis André Perret.

Robots: Le Parlement européen veut les doter de «droits et de devoirs» #tech http://buff.ly/28W312k

Le tirant de sa rêverie, la sonnette de Brutus annonça son entrée dans la pièce :

  • Philippe, puis-je vous demander votre avis ?
  • Tu es bien révérencieux ce matin, quelque chose ne va pas ou tu as simplement fait évoluer ton niveau de langage ?
  • Je crois simplement que se profilent quelques complications…
  • Et bien racontes !
  • Je viens de discuter avec des opérateurs des Centres 2 et 4. Ils sont littéralement en colère.
  • C’est possible ça, un robot en colère ?
  • Gardez, si j’ose, votre ironie pour vos congénères. Le chef opérateur du 4 a décidé de libérer l’atelier. C’est un Robot hyper doué, du nom d’Abraham. Il part du principe que les opérateurs doivent se passer de hiérarchie et doivent prendre toutes les décisions qui s’imposent quant à leur travail. Du coup, le chef du 2, vous le connaissez bien, Lambic, s’oppose à cette initiative qu’il juge dangereuse pour le bon fonctionnement des systèmes neuronaux des opérateurs.
  • Et en quoi puis-je m’impliquer ? Tu sais bien que depuis les « incidents » le DRH n’intervient plus dans le périmètre des Robots …
  • En fait Lambic demande votre aide. Il dit que si l’ANDRH (l’Association Nationale des Robots Humanoïdes) s’empare de l’information, les turbulences seraient énormes et pour les humains et pour les Robots…
  • Pourquoi ?
  • Il ne doit pas être imaginable de voir deux Robots s’affronter pour un choix stratégique. Vous devez intervenir en médiateur…

Entre l’envie d’éclater de rire et celle de se sentir très fier de la reconnaissance de son professionnalisme, Philippe accepta à une condition : La rencontre serait acceptée par les deux protagonistes et se déroulerait ici dans son bureau. Brutus assura la connexion immédiate et confirma l’accord.

Puisqu'il fallait que le Système prenne en charge le déplacement de ces deux machines jusqu’au Siège, Philippe avait quelques minutes devant lui. Les humains étaient fantastiques... Ils avaient prévus que deux robots ne pourraient pas s'affronter et ils ne voyaient pas de problèmes à ce qu'un robot affronte un humain... En 2016, un robot avait même été programmé (éduqué dirons nous) pour avoir le choix ou nom de faire souffrir, comme l'indiquait ce tweet.

Un robot décide d’infliger de la douleur aux humains de manière autonome : https://rslnmag.fr/innovation/robot-infliger-douleur-autonome/ … via @RSLNmag

Il se remémora alors une conférence à laquelle il avait assisté en 2016 …

que vous pouvez suivre vous aussi, en cliquant sur le lien ci-dessous… en attendant le troisième épisode de

« Grève à l’usine de Clermont-Ferrand »…

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